C'est le printemps ! Étymologiquement le "premier temps",  cette saison a inspiré de nombreux artistes, elle a aussi pu servir de symbole pour des événements historiques, dans des expressions langagières... nous vous proposons ces jours-ci de célébrer le printemps en français.

Le printemps des poètes est une chanson de Leo Ferré (1916-1993). La version que je vous propose ici est truffée de références (improvisées ?) pour le moins ironiques (elles apparaissent en italique dans la retranscription). Il commence sur l'air de Avec le temps, certainement sa chanson la plus célèbre. Puis il parle de la casquette du chanteur et acteur Jean-Roger Caussimon (1918-1985), dont iil a chanté M. Wiliam ou Comme à Ostende. Il danse quelques pas de flamenco et enfin il s'approprie L'international et La Marseillaise


Subido por amarbak el 28/11/2009

Le printemps des poètes

Eh oui, c'est terminé, c'est terminé, c'est terminé, avec le temps c'est terminé, c'est terminé avec le temps, avec le temps messieurs dames, messieurs dames, avec le temps c'est terminé, allons m'ssieurs dames, allons, allez jouez, jouez, jouez, encore un p'tit peu là. Alors messieurs dames, jouez, jouez avec le temps, avec le temps. La femme est un être irremplaçable... quand elle est remplaçable, faut pas hésiter. C'est ce qui m'est arrivé, et voilà, j'peux pas vous raconter ma vie mais j'ai bien envie, ce serait un peu long, hein? tu comprends? ahah quelle connerie !! 

J'ai vécu des printemps fabuleux en hiver
Pendant que le vulgaire était tout emmouflé
Je soufflais sur mes mains à son cul à son nez
V'là-t'y pas qu'ses bourgeons sortaient m'en jouer un air
Le printemps ça s'invente et ça se fout en taule
Le printemps c'est ma mine avec ses airs de chien
Qui vient tout ébahie me montrer tout son bien
Le temps de déposer mon arme de l'épaule

Je t'aime, je t'aime aussi

Et oui c'est ça monsieur le printemps des poètes
Tout juste un peu d'hiver pour rompre les façons
Un quart d'été un quart d'automne et des chansons
Et s'il fait encor frais on se met la casquette comme Caussimon

Je t'aime, je t'aime aussi

 On va faire des pique-niques du côté des ballots
On va se mettre au vert en croyant aux histoires
Et l'on se sent mourir au bord d'une guitare
Quand la mort espagnole envoie son flamenco

Je t'aime, je t'aime aussi

Ce qu'il faut de désirs aux heures de l'ennui
Et ce qu'il faut mentir pour que mentent les choses
Ce qu'il faut inventer pour que meurent les roses
L'espace d'un matin l'espace d'une nuit

C'est la lutte finale, groupons-nous et demain,
Allons enfants de la patrie,
Le jour de gloire est arrivé,
Le jour de gloire est arrivé.

Le jour de gloire est arrivé?
Mais qu'il entre, qu'il entre !

Il a préféré partir, il m'a dit tout à l'heure

Jamais ne vient l'avril dans le fond de mon coeur
Cet éternel hiver qui bat comme une caisse
Qu'on clouerait sans répit depuis que ma jeunesse
A décidé d'aller se faire teindre ailleurs