Dans la même soirée de cet épisode de Bref, Alexandre Astier s’est déguisé en roi en prenant une couronne sur une galette des roi (ce qui permet de situer la fête aux alentours du 6 janvier, date de l’épiphanie).

Alexandre Astier a été révélé au grand public grâce à sa série Kaamelott à la croisée des Monty Pythons (pour le thème et une certaine folie) et d’Astérix (pour les anachronismes, les attitudes actuelles dans un contexte ancien), cette série aux épisodes brefs lors des premières saisons était diffusée sur M6.

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Dans cette série, on retrouve les personnages d'une Légende Arthurienne assez loin de Chrestien de Troyes. On y rencontre aussi de nombreux invités (comme ici Yvan Le Bolloc’h dans le rôle de Breccan).

Transcription:

Léodagan - Je sais pas ce que c’est que cette lubie de se faire construire une table.

Perceval - D’autant qu’il y en a déjà une dans la salle à manger.

Arthur - Là c’est une table ronde pour que les chevaliers de Bretagne se réunissent autour. De toute façon autant vous y faire parce que, à partir de maintenant, on va s’appeler "les chevaliers de la table ronde".

Perceval - "Les chevaliers de la table ronde" ?

Léodagan - Encore une chance qu’on se soit pas fait construire un buffet à vaisselle, hein.

 

Arthur - Non,non, elle est bien… Elle est bien… (un silence)… Elle est bien mais je voyais de la pierre, moi.

Breccan - Mais on en a déjà parlé, de la pierre. Je peux pas monter une pierre d’une toise et demi dans un escalier à colimaçon. Eh, je suis pas magicien, hein…

Bohort - C’est pas désagréable le bois…

Breccan - D’autant que là, je vous ai mis la qualité, hein. Mettons pour un banquet, s’il y a cinq ou six dames qui veulent un petit peu baguenauder là-dessus, ça bougera pas, hein.

Arthur - Non, non, moi, c’est pas tellement l’ambiance.

Breccan - Ah ça après, moi, pour le détail, je sais pas, hein…

Perceval - C’est pas tant le bois qui me dérange, moi. C’est plutôt le cuir.

Karadoc - Ça fait un petit peu atelier de cousette.

Arthur - Eh ouais, c’est pas faux.

Breccan - Le cuir, ça restra toujours le cuir. Le cuir ça traverse les frontières, les âges, les modes. D’autant que là, je vous ai pas mis de la vache moisie, attention ! C’est de la tannerie de luxe accrochée au crochet de six. Y a des heures de main d’œuvre, derrière.

Perceval - Non, mais faut prendre l’habitude, c’est tout.

Breccan - Par contre faudra faire gaffe en mangeant. Parce que là je vous ai fait un traitement à l’huile de porc pour imperméabiliser, mais si il y a des taches de jus de viande, c’est foutu.

Arthur - Non, mais on va pas manger dessus non plus.

Breccan - Ah, ça, pour le détail, ça je sais pas.

Père Blaise - C’est pile la bonne hauteur pour l’écriture. On domine bien la page.

Arthur - Ah ouais. C’est dommage hein… comme vous allez pas écrire dessus…

Père Blaise - Mais comment ça ?

Arthur - Non. Vous, vous êtes derrière le pupitre là-bas, debout.

Père Blaise - Mais attendez… Il y a une table et des chaises et je devrais me farcir toutes les notes à ratifier debout ?

Arthur - C’est comme ça. Personne n’écrit sur cette table.

Breccan - Mais sans être indiscret, si vous y mangez pas, que vous y écrivez pas et vous dansez pas dessus, pourquoi vous avez besoin d’une telle tablée ?

Arthur - C’est un peu compliqué.

Bohort - Sir Arthur a eu une révélation de la Dame du Lac. Elle lui a ordonné la construction d’une table légendaire autour de laquelle il devrait réunir les chevaliers de Bretagne pour organiser la quête du Graal.

Arthur - Voilà.

Léodagan - En gros.

Breccan - Ben dis-donc… la quête du Graal ?

Karadoc - C’est un peu compliqué.

Perceval - ‘Vous bilez pas, même nous, on n’a pas tout compris.

Breccan - Mais du coup, là, tout autour, il y aura du beau monde qui va tourner.

Arthur - Si on veut, oui…

Bohort - Les seigneurs les plus puissants de l’île.

Arthur - Oui, et puis des chevaliers plus modestes aussi.

Léodagan - A priori, il devrait y avoir un peu de tout, quoi.

Breccan - Un peu de tout, mais quand même des chevaliers… enfin je veux dire, ça sent pas la réunion de bouseux, votre histoire, là.

Perceval - Ah non, y a pas de pécore pour la quête du Graal… À moins que c’est changé (sic).

Breccan - Et… ça vous dérange si je mets ma petite griffe, là ?

Arthur - Pourquoi faire ?

Breccan - Bah, de la réclame bon dieu ! Si y a un chef de clan qui vient mettre ses miches par-là-devant, puis il trouve ça cossu ben le jour où il voudra faire un buffet ou un plumard sur mesure, ben il saura où me trouver quoi.

Arthur - Mais ça va faire super moche, une griffe !

Breccan - Non, je fais ça en tout petit, j’en ai pour dix minutes… cinq minutes…

Breccan - Et voilà le travail : "Conception Breccan & fils, Irlande". Faut bien se donner un petit coup de pouce de temps en temps.

Arthur - Bah, je comprends.

Breccan - Sinon, pour cette pièce, il a tout ce qu’il lui faut un mobilier ? Parce que je pourrais lui proposer un petit râtelier pour que les gars, ils déposent leurs armes, ou alors un joli rangement pour leurs manteaux.

Arthur - Alors, ils ont pas de manteaux puisqu’ils sont tous en armure et ils sont obligés de porter leurs armes.

Breccan - C’est carré-carré, chez vous... Sinon, dans la chambre à coucher, il y a tout ce qu’il vous faut ?

La Dame du Lac - Comme elle est belle !

Arthur - Ah vous êtes là. Bon, alors voilà, qu’est-ce que vous en pensez ?

Breccan - Qu’est-ce que je pense de quoi.

Arthur - Non, attendez deux secondes, c’est pas à vous que je parle, c’est...

Breccan - À qui d’autre, alors ?

La Dame du Lac - C’est vrai que j’aurais plutôt vu de la pierre.

Arthur - Ah, voilà, voyez ? La pierre, ça aurait bien quand même.

Breccan - C’est à moi que vous parlez, là ?

Arthur - Ben oui. À qui d’autre, je parle ?

Breccan - De la pierre, je peux même pas le dépanner, je viens de livrer 400 dolmens à Gloucester, je suis désolé, et en plus, le colimaçon, bonsoir.

 

La Dame du Lac - Je sens que de grandes choses vont se jouer autour de cette table, Arthur.

Arthur - Ouais, y a plus qu’à réunir les gars, maintenant. Au fait, comment je fais pour aborder le coup du Graal, que tout le monde se fasse bien l’image du truc... Parce que pour le moment, j’en ai déjà touché deux mots comme ça, à droite à gauche... les mecs, ils sont largués, quand même.

La Dame du Lac - Ça viendra en son temps. Bon allez zou, je me sauve, moi, eh...

Arthur - Oui...

La Dame du Lac - Félicitation pour la table. Eh, faites attention pour le cuir. Non, c’est joli, mais c’est quand même salissant.