Dans cet épisode de Bref, on rencontre une Marina Foïs plus à l’aise avec ses 40 ans.

Avec ses cinq collègues de la troupe des Robins des Bois (Maurice Barthélémy, Élise Larnicole, Pierre-François Martin-Laval, Jean-Paul Rouve et Pascal Vincent), ils ont produits un grand nombre de sketches absurdes dans les quels ils ont détourné (ou massacré) les expressions de la langue française et essayé de repousser les limites du trash et du bon goût (si c’était possible). D'autres sketches montreraient mieux leur folie.

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Ces six comédiens ont eu une formation académique en suivant le cours Florent. Dans certains sketches, comme celui-ci, ils s’amusent de cette formation en la détournant. Marina Foïs et Jean-Paul Rouve tentent de répondre à la question suivante : Est-il difficile de jouer une pièce un soir de match ? Ils tentent l’expérience avec un extrait des Caprices de Marianne d'Alfred de Musset (1833, on peut la lire ici dans son intégralité).


Ajoutée par apuland le 4 septembre 2009

Voici ci-dessous, non une transcription, mais l’extrait de la pièce en question. Il permet de mesurer les altérations provoquées par le match en question. C’est un extrait de la scène 1 de l’acte II.

OCTAVE - Belle Marianne, vous dormirez tranquillement. - Le coeur de Cœlio est à une autre, et ce n'est plus sous vos fenêtres qu'il donnera ses sérénades.

MARIANNE - Quel dommage et quel grand malheur de n'avoir pu partager un amour comme celui-là ! voyez comme le hasard me contrarie ! Moi qui allais l'aimer.

OCTAVE - En vérité !

MARIANNE - Oui, sur mon âme, ce soir ou demain matin, dimanche au plus tard, je lui appartenais. Qui pourrait ne pas réussir avec un ambassadeur tel que vous ? il faut croire que sa passion pour moi était quelque chose comme du chinois ou de l'arabe, puisqu'il lui fallait un interprète, et qu'elle ne pouvait s'expliquer tonte seule.

OCTAVE - Raillez, raillez, nous ne vous craignons plus.

MARIANNE - Ou peut-être que cet amour n'était encore qu'un pauvre enfant à la mamelle, et vous, comme une sage nourrice, en le menant à la lisière, vous l'aurez laissé tomber la tête la première en le promenant par la ville.

OCTAVE - La sage nourrice s'est contentée de lui faire boire d'un certain lait que la vôtre vous a versé sans doute, et généreusement ; vous en avez encore sur les lèvres une goutte qui se mêle à toutes vos paroles.

MARIANNE - Comment s'appelle ce lait merveilleux ?

OCTAVE - L'indifférence. Vous ne pouvez aimer ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum.

MARIANNE - Bien dit. Aviez-vous préparé d'avance cette comparaison ? Si vous ne brûlez pas le brouillon de vos harangues, donnez-le-moi, de grâce, que je les apprenne à ma perruche.

OCTAVE – Qu'y trouvez-vous qui puisse vous blesser ? Une fleur sans parfum n'en est pas moins belle ; bien au contraire, ce sont les plus belles que Dieu a faites ainsi ; et le jour où, comme une Galatée d'une nouvelle espèce, vous deviendrez de marbre au fond de quelque église, ce sera une charmante statue que vous ferez et qui ne laissera pas que de trouver quelque niche respectable dans un confessionnal.

MARIANNE - Mon cher cousin, est-ce que vous ne plaignez pas le sort des femmes? voyez un peu ce qui m'arrive : il est décrété par le sort que Cœlio m'aime, ou qu'il croit m'aimer, lequel Coelio le dit à ses amis, lesquels amis décrètent à leur tour que, sous peine de mort, je serai sa maîtresse. La jeunesse napolitaine...

Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, extrait de l’acte II, scène 1

Marina - Non c’est pas facile facile de jouer une pièce de Musset avec Francis Huster un soir de match.