Le 18 juin 1940, c’est un peu l'"acte" de naissance du mythe du Général de Gaulle. Avant lors parfait inconnu, il commença alors à rassembler les Forces Françaises Libres et la Résistance (pourtant rivales) autour de sa personne.

Plus d’informations dans ce reportage de Laurent Boussie (montage de G. Chevalier) réalisé à l’occasion du cinquantenaire de l’événement (en 1990, donc) dans le journal de 20 heures d'Antenne 2 (devenu France 2) présenté par Hervé Claude et dénichée ici, puis sur le site de l'INA. (ouf, longue phrase, je n'en voyais pas la fin).

Transcription

Hervé Claude - Il y a cinquante ans, donc, un homme seul a refusé la capitulation. Il l’a fait de Londres où il venait de s’exiler. Comment, pourquoi Charles de Gaulle a-t-il agi ainsi ? Rappel historique Laurent Boussie.

Laurent Boussie - 18 juin 40, le soleil brille sur Londres où l’évènement principal de la journée sera le discours de Churchill devant le parlement. Sujet d’inquiétude pour les anglais, le sort de la flotte française après la demande d’armistice du gouvernement de Bordeaux. La veille, un général français, le général de Gaulle, sous-secrétaire d’état à la défense dans le gouvernement de Paul Reynaud est arrivé dans la capitale britannique. Il est seul, il n’a ni troupe, ni structure politique, ni force économique, il possède en tout et pour tout une somme de cent mille francs que lui a remise Paul Reynaud et la clé d’un petit appartement à Seymour Place, dans le centre de Londres. Dès son arrivée, il a rencontré Churchill et lui a demandé de pouvoir utiliser la BBC pour lancer un appel aux Français. Dans la matinée le général de Gaulle a rédigé le texte de son appel. Il l’a raturé, recommencé : chaque mot est important. Elisabeth de Meribel (sic), une amie de l’aide de camp du général fera office de secrétaire.

Elisabeth de Miribel - Et la fin du texte m’a été dicté par Geoffroy de Courcel revenant d’accompagner le général de Gaulle qui faisait des démarches à Londres dans la matinée jusqu’au début de l’après-midi parce que je n’avais pas réussi à le lire jusqu’au bout.
Laurent Boussie - Dans quel état d’esprit était le général de Gaulle ? Il était tendu, nerveux ?
Elisabeth de Miribel -
Non, moi il me faisait penser à un rocher dans la tempête. Il était très calme, très grand, très impressionnant vous avez dans un costume avec des ( ?)... j’avais... un homme très... extrêmement calme.

Laurent Boussie - C’est à partir de quinze heures sur cette machine avec deux doigts qu’est tapé le fameux appel. Vers 18 heures le général et son aide de camp, Geoffroy de Courcelles, quitte Seymour Place et se fait conduire en taxi à la BBC. Charles de Gaulle est en uniforme avec képi à feuilles de chêne, gants blancs à la main. À son arrivée, le directeur de la radio anglaise l’accueille et l’accompagne au quatrième étage dans le studio B2. Le général s’asseoit silencieusement au côté du speaker des émissions françaises qui lui passe la parole à la fin de son bulletin d’informations.

De Gaulle - Moi, général De Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale. J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs (...)

Laurent Boussie - L’appel du 18 juin n’a pas été enregistré. Les techniciens de la BBC étaient trop occupés par la préparation du discours de Churchill. En France, peu de personnes l’entendirent il a paru comme une péripétie de cette fin du mois de juin. Mais pour de Gaulle l’essentiel n’était pas là. Il avait dit a haute voix qu’il existait une autre politique que celle de Pétain, une autre politique que celle de l’armistice.

de gaulle a la plage ferri
(de Gaulle et les 50's vu de 2007 par l'immense Ferri - clic)