Depuis cette année 2012, le 11 novembre est un jour férié en Serbie. La guerre 14-18  a inspiré de nombreux textes, chansons et films qu'on évoquera pendant quelques jours.

Aujourd’hui Lettre à Marie pendant la guerre, écrit et interprété par Pierre Palmade dans son spectacle J'ai jamais été aussi vieux.

Pierre Palmade fait partie de ses humoristes apparus à la fin des années 80 qui doivent très certainement à la télévision des années 90 une partie de leur notoriété.

Ce sketch parodie les lettres envoyées par les poilus, comme par n'importe quel soldat du front.


Publié le 8 juin 2012 par morphine9595

Transcription

Chère Marie,

Je t’écris du front où ne nous sommes plus que quelques-uns à combattre. Il fait froid. Et je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir. Cette guerre est atroce et il n’y a que l’espoir d’être un jour à nouveau dans ton cul... dans tes bras qui me tienne en vie.
Je t’écris cette lettre au dos d’une autre lettre que j’ai trouvée sur un soldat mort qui n’a pas eu le temps de l’envoyer à sa fiancée. Ne te trompe pas de côté, tu ne comprendrais rien.
Je n’ai pas de stylo alors je t’écris avec de la merde, ça, on en a plein. À la guerre comme à la guerre, je commence à comprendre cette expression.
J’ai mangé Jean-Michel hier. Il me l’avait autorisé juste avant de mourir. Et là, il avait l’air mort. Survivre ici ne laisse pas de place à la morale. C’était un très bon copain, c’est devenu un copain très bon.
Ça tire dans tous les coins, mais moi je n’ai plus de balle alors je lance des petits cailloux de temps en temps et j’entends "aïe". C’est toujours ça.
Les jours sont longs et les nuits sont froides et je n’ai plus la force de me branler... de sourire en pensant à toi. Tes cheveux longs me manquent et même si Marc lui aussi a les cheveux longs, c’est pas pareil.
Ils ont capturé le caporal Grenelle hier et ils nous ont renvoyé sa jambe et ses yeux quelques heures plus tard. Il a dû beaucoup souffrir, ça se voyait dans ses yeux.
Oh Marie, si tu savais tout le mal que l’on m’a fait.
J’ai froid, je ne sens plus mes doigts. Ceci dit, il vaut mieux.
Marie, j’aimerais t’épouser si je rentre de cette foutue guerre. Voudras-tu de moi comme mari, Marie ? Je l’espère.
Marie, je n’ai plus de place pour t’écrire, alors je vais te dessiner mon zizi, c’est un peu vulgaire mais ça me fait du bien. C’est approximatif mais c’est pas de la gouache non plus. Je t’em...

Ah ben j’ai plus la place... Capitaine ! Vous pouvez accrocher ce papier à votre prochaine rocket ? J’ai mis l’adresse dessus, on sait jamais...

 

Merci à Olivier pour la suggestion.