Une rengaine, c’est une chanson qu’on a beaucoup entendue malgré soi. Le film On connaît la chanson en est rempli de courts extraits. Il y en a de toutes les époques. Parfois, seules certaines générations s'en souviennent. A priori, aucun français ne connaissait toutes ces chansons en découvrant le film. Les auteurs du film sont de générations différentes (Resnais né en 1922, Bacri en 1951 et Jaoui en 1964). Chacun est venu avec des références que les autres ne connaissaient pas forcément. Cet hiver, nous allons visiter les trente-six chansons (dont une bonne moitié figure dans les karaokés).

Gilbert Bécaud (1927 - 2001, surnommé Monsieur 100.000 volts) est responsable des premiers sièges cassés de l’Olympia.

S’il y a une chanson qu’il n'est nul besoin de présenter ici, c'est bien celle-ci.


Ajouté le 5 décembre 2006 par sandro2004

(Gilbert Bécaud –Pierre Delanoë)

La place Rouge était vide
Devant moi marchait Nathalie
Il avait un joli nom, mon guide
Nathalie

La place Rouge était blanche
La neige faisait un tapis
Et je suivais par ce froid dimanche
Nathalie

Elle parlait en phrases sobres
De la révolution d'octobre
Je pensais déjà
Qu'après le tombeau de Lénine
On irait au café Pouchkine
Boire un chocolat

La place Rouge était vide
Je lui pris son bras, elle a souri
Il avait des cheveux blonds, mon guide
Nathalie, Nathalie

Dans sa chambre à l'université
Une bande d'étudiants
L'attendait impatiemment
On a ri, on a beaucoup parlé
Ils voulaient tout savoir
Nathalie traduisait

Moscou, les plaines d'Ukraine
Et les Champs-Élysées
On a tout melangé
Et l'on a chanté

Et puis ils ont débouché
En riant à l'avance
Du champagne de France
Et l'on a dansé

Et quand la chambre fut vide
Tous les amis étaient partis
Je suis resté seul avec mon guide
Nathalie

Plus question de phrases sobres
Ni de révolution d'octobre
On n'en était plus là
Fini le tombeau de Lénine
Le chocolat de chez Pouchkine
C'est, c'était loin déjà

Que ma vie me semble vide
Mais je sais qu'un jour à Paris
C'est moi qui lui servirai de guide
Nathalie, Nathalie

On connaît moins la suite de la chanson écrite par les mêmes près de 20 ans plus tard. Plus nostalgique, moins heureuse, plus critique, moins folklorique, le rideau de fer est plus froid et moins souple que dans la chanson qui précède. Elle s'intitule la fille de Nathalie.


Ajoutée le 13 novembre 2011 par jan113s

(Gilbert Bécaud –Pierre Delanoë)

À Léningrad, l'hiver n'en finit pas
Et nos glissades le long de la Neva
Nous font oublier le froid
Est-ce qu'un jour tu reviendras ?

À Léningrad, je vis avec maman
Des camarades me sortent de temps en temps
Au musée, au restaurant
Je viens d'avoir 19 ans

À Novgorod, j'entre à la faculté
Au mois d'Octobre, petite mère est effrayée
Mais vous serez fier de moi
Quand j'aurai fini mon droit

Avec maman, quand le cœur est au gris
Après l'dîner, on se passe "Nathalie"
Ça la fait un peu pleurer
Et moi ça me fait danser

Rappelle-toi la place était vide
Et dans ce temps-là, maman était guide
Pouchkine elle en parle tout l'temps
C'était son bon temps

J'voudrais bien aller à Paris
Voir les magasins et les rues la nuit
Mais pour avoir un passeport
Crois-moi c'est du sport

À Léningrad, les longues nuits de juin
On se régale de rock américain
On chante aussi tes succès
En français et en anglais

Envoie-nous des cartes postales
De la Tour Eiffel, du Château d'Versailles
Et une diapo couleurs
De mes petites sœurs

Moi j't'envoie une photo de moi
Ma jupe est trop longue
Mais ici c'est comme ça
Est-ce que j'ressemble à maman
Il y a 19 ans ?

À Léningrad, tout le monde t'attend
À Léningrad, c'est bientôt le printemps
Si tu revenais avec lui
Elle serait contente Nathalie