Une rengaine, c’est une chanson qu’on a beaucoup entendue malgré soi. Le film On connaît la chanson en est rempli de courts extraits. Il y en a de toutes les époques. Parfois, seules certaines générations s'en souviennent. A priori, aucun français ne connaissait toutes ces chansons en découvrant le film. Les auteurs du film sont de générations différentes (Resnais né en 1922, Bacri en 1951 et Jaoui en 1964). Chacun est venu avec des références que les autres ne connaissaient pas forcément. Cet hiver, nous allons visiter les trente-six chansons (dont une bonne moitié figure dans les karaokés).

Eddy Mitchell (né en 1942) est le seul chanteur dont trois chansons sont utilisées dans On connaît la chanson.

 

73593035

 

Comme dans la chanson Nashville ou Belleville, la Dernière séance mélange souvenirs d’enfance dans le 19ème arrondissement et rêve américain.

On y trouvera le vocabulaire d'une salle de cinéma.

 


Ajoutée le 24 juillet 2010 par Marco4032

(Claude Moine – Pierre Papadiamandis)

La lumièr' revient déjà
Et le film est terminé
Je réveille mon voisin
Il dort comme un nouveau-né
Je relèv' mon strapontin
J'ai une envie de bailler
C'était la dernièr' séquence
C'était la dernière séance
Et le rideau sur l'écran est tombé

La photo sur le mot fin
Peut fair' sourire ou pleurer
Mais je connais le destin
D'un cinéma de quartier
Il finira en garage
En building, supermarché
Il n'a plus aucune chance
C'était sa dernière séance
Et le rideau sur l'écran est tombé

Bye Bye les héros que j'aimais
L'entr'acte es terminé
Bye Bye rendez-vous à jamais
Mes chocolats glacés, glacés


J'allais rue des Solitaires
A l'école de mon quartier
A cinq heures j'étais sorti
Mon père venait me chercher
On voyait Gary Cooper
Qui défendait l'opprimé
C'était vraiment bien l'enfance
Mais c'est la dernière séquence
Et le rideau sur l'écran est tombé

Bye bye les fill's qui tremblaient
Pour les jeunes premiers
Bye bye Rendez-vous à jamais
Mes chocolats glacés, glacés.


La lumière s'éteint déjà
La salle est vide à pleurer
Mon voisin détend ses bras
Il s'en va boire un café
Un vieux pleure dans un coin
Son cinéma est fermé,
C'était sa dernière séquence
C'était sa dernière séance
Et le rideau sur l'écran est tombé

 

La Dernière Séance a aussi été le nom d’une émission télévisée (1982-1998) présentée par le même Eddy Mitchell. Ce cinéclub télévisé (un parmi d’autres) présentait surtout des westerns hollywoodiens des années 50 (sans exclure de plus anciens, de plus récents ou d’appartenant à d’autres genres).

Dans le document qui suit, Eddy Mitchell fait la démonstration qu’il est possible de faire un exposé complet et documenté en trois minutes.


Ajoutée le 13 novembre 2007 par barbatrucomucho

Transcription

Amis de la Dernière Séance, bonsoir. À votre programme, ce soir, deux westerns : Bataille sans merci, réalisé en ‘53 et Victime du destin, lui qui est fait en ‘52. Ces deux films sont dus au réalisateur Raoul Walsh et interprétés par Rock Hudson.

Deux mètres de haut, cent-dix kilos et aucune expérience de la comédie. Son vrai nom, c’est Roy Scherer. Son papa, eh bien son papa, il est mécanicien, et sa maman, elle est opératrice téléphonique. Il débute dans la vie comme postier. Mobilisé pendant la guerre, il fera comme papa : il sera mécanicien, mais dans la marine. Et puis, démobilisé, il sera vaguement journaliste, et réellement – pardon ! – chauffeur de poids-lourd, comme Elvis, eh oui ! Ensuite, il va s’essayer au théâtre. Et là, eh bien là, ça sera une véritable cata’. Car il est incapable de retenir la moindre ligne d’un texte, alors...

Évidemment, son agent n’a qu’un argument, c’est de dire : « Regardez mon Rock comme il est beau, comme il est bien fait, comme il est bien bâti ! » Et on va l’essayer au cinéma, Rock. Oui, c’est Raoul Walsh qui va l’engager dans les Géants du ciel, film réalisé en 1948 mais il ne faudra pas moins de 38 prises pour réussir une seule réplique. Ah, c’est du boulot. Mais du boulot, du boulot, il va s’en donner, Rock. Il va travailler d’arrache-pied, ouais ouais. Il va prendre des leçons de diction, de théâtre, de chant, d’équitation, d’escrime et devenir enfin la grande vedette que l’on sait.

Mon ami Bertrand Tavernier dit de lui : « Rock Hudson est aussi peu expressif qu’une bûche. » Eh ben cette bûche, elle a tourné avec les plus grands metteurs-en-scène qui soient et elle a fait trois films avec Raoul Walsh, cette bûche. Vous vous rendez compte ? C’est quand même pas mal. Alors on va le voir, donc, dans Bataille sans merci, de Raoul Walsh réalisé en 53. Et pour vous prouver que cette bûche était très populaire, eh bien en 53, Rock Hudson ne tournera que six films. Ha !

Ça se passe dans l’Utah. C’est un état qui s’appelle l’Utah, qui est par là, vers l’écran, derrière.

Sous-Titrage télétexte