Une rengaine, c’est une chanson qu’on a beaucoup entendue malgré soi. Le film On connaît la chanson en est rempli de courts extraits. Il y en a de toutes les époques. Parfois, seules certaines générations s'en souviennent. A priori, aucun français ne connaissait toutes ces chansons en découvrant le film. Les auteurs du film sont de générations différentes (Resnais né en 1922, Bacri en 1951 et Jaoui en 1964). Chacun est venu avec des références que les autres ne connaissaient pas forcément. Cet hiver, nous allons visiter les trente-six chansons (dont une bonne moitié figure dans les karaokés).

Léo Ferré (1916-1993) est l’un des chanteurs les plus entendus sur ce blog. Cette chanson mélancolique est probablement son succès le plus populaire.

Nous apprenons qu'elle est arrivée en tête d'un classement réalisé par des spécialistes et des gens du métier, chapeautés par l'équipe du site NosEnchanteurs.eu.

La liste est digne mais accuse selon les auteurs de l'article des oublis malheureux .

Une version télé avec du larsen et la "gueule de chimpanzé" de Léo Ferré.


Ajoutée le 11 mai 2007 par claudius94


(Léo Ferré)

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie

L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps
Tout s'évanouit


Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

Même les plus chouettes souvenirs ça t'as une de ces gueules
À la Galerie je farfouille dans les rayons de la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien

L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on se traînait comme traînent les chiens
Avec le temps,
Va, tout va bien


Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix

Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu

Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues

Alors vraiment
Avec le temps
On n'aime plus.

Si l’on en juge par le nombre de reprises (par Catherine Sauvage, Dalida, Philippe Léotard, Henri Salvador, Juliette Gréco, Alain BashungBelinda Carlisle, Abbey Lincoln, Mônica Passos, Youn Sun Nah, le duo Brad Mehldau et Anne Sofie Von Otter, etc. essayez-en), elle est assurément devenue un standard. Nous y reviendrons sans doute dans quelques temps.

Elle avait aussi été parodiée par Ferré lui même comme nous l'apprîmes dans cette note signée d'Alan il y a bientôt un an.