Il suffit de cliquer sur les tags pour se rendre compte que Léo Ferré (1916-1993) a souvent été cité sur ce blog –  déjà huit foiss – ce qui fait probablement de lui le chanteur le plus cité ici, sans autres raisons que la loi des associations d'idées. Comme la commémoration est un sport national en France, nous l’évoquerons de nouveau à l’occasion du vingtième anniversaire de sa disparition (le 13 juillet 1993). Malgré mes presque treize ans d’alors, je me souviens de ce jour-là.

leo-ferre-l-ete-68
L'été 68, album de Léo Ferré contenant L'été 68 (1969)

Sur le même album que C’est extra, figure l’été 68. Mais c'est une version donnée lors d'un spectacle au théâtre Dejazet en 1988 que nous présentons.

MI0001658380
La pochette de cet album est l'une des nombreuse illustrations de la théâtralité du personnage

Le répertoire de Léo Ferré comporte beaucoup de chansons qui font référence à la Révolution Française ou à la Marseillaise souvent pour les critiquer. L’été 68 en quelques lignes fait le lien entre mai 1968 et l’été 1789.


Publié le 22 août 2012 par  Can you hear me?

(Léo Ferré)

L'été
Comme un enfant s'est installé

Sur mon dos
Et c'est très lourd à porter
Un enfant tout un été
Sans cigales
Avec des hiboux ensoleillés
Comme les enfants du mois de mai
Qui reviendront cet automne
Après l'été de mil sept cent quatre-vingt-neuf

Ça ira

Ça ira

Ça ira

  ------------------

On peut lire ici une histoire de ce chant révolutionnaire. Édith Piaf (1915-1963) en chante une version moderne dans Si Versailles m’était conté (1953), un film de Sacha Guitry (1885-1957)  racontant l’histoire du château. Comme beaucoup de chant, c’est du refrain, resté comme tel, dont on se souvient.

Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates à la lanterne
Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates, on les pendra !

La lanterne ne désigne pas une lampe mais un gibet.


Mise en ligne le 25 juin 2008 par astrasburgo

 Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates à la lanterne
Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates, on les pendra !

V’là trois cents ans qu'ils nous promettent
Qu'on va nous accorder du pain.
V’là trois cents ans qu'ils donnent des fêtes
Et qu'ils entretiennent des catins !
V’là trois cents ans qu'on nous écrase
Assez de mensonges et de phrases !
On ne veut plus mourir de faim !!!

Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates à la lanterne
Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates, on les pendra !

V’là trois cents ans qu'ils font la guerre
Au son des fifres et des tambours
En nous laissant crever de misère.
Ça ne pouvait pas durer toujours...
V’là trois cent ans qu'ils prennent nos hommes
Qu'ils nous traitent comme des bêtes de somme.
Ça ne pouvait pas durer toujours !

Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates à la lanterne
Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates, on les pendra !

Le châtiment pour vous s'apprête
Car le peuple reprend ses droits.
Vous vous êtes bien payé nos têtes,
C'en est fini, messieurs les rois !
Il faut plus compter sur les nôtres:
On va s'offrir maintenant les vôtres,
Car c'est nous qui faisons la loi!...

Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates à la lanterne
Ah ! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
Les aristocrates, on les pendra !

 ------------------

On voit régulièrement apparaître un album tribute dédié à un artiste lors d’un anniversaire de sa disparition. Quelle que soit la qualité de ces disques, leur hétérogénéité (5 "é") les rend souvent difficiles à écouter malgré quelques reprises réussies. Celui consacré à Léo Ferré n’échappe pas à cette règle.

leo
Album hommage paru en 2003
pour le dixième anniversaire de la disparition de Léo Ferré

Dans cet album on retrouve une reprise de l’été 68 par Philippe Katerine (né à la fin de1968). On pourrait croire que tout oppose ces deux artistes. Mais une rencontre a du sens sur cette chanson :

- Elle est particulièrement courte (depuis quelque temps, les textes de Katerine sont particulièrement laconiques).
- Les 4 chiffres de 1789 prennent un certain volume (on a remarqué l’effet provoqué par cette abondance de nombres dans Robot après tout, album datant de 2005 qui eut un grand succès, notamment dans la chanson 78-2008).
- Le sens de cette chanson est difficile à saisir et les deux interprètes manient une certaine ambiguïté : on décèle une forme d'ironie mêlée de sincérité.
- Et puis, les deux chanteurs ont signé chez la maison de disque Barclay.


Mise en ligne le 20 février 2010 par Fabrice P.