Mine de rien, nous arrivons à la 400ème note de ce blog (avec l’aide d’Alan et du Chicon).

De là à dire que nous avons "fait les quatre-cents coups"...

"Faire les quatre-cents coup" est une expression expliquée un peu partout sur Internet. Par exemple sur Languefrançaise.net/bob, sur Wiktionary, ou encore sur le Projet Voltaire. Comment pourrait-on traduire cette expression en serbe ?

En tout cas, c'est aussi le titre d'un film de François Truffaut (1932-1984), qui fera l'objet de notre prochain cinéclub.

 

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Affiche trouvée ici parmi d'autres

C'est sans doute une erreur de traduire littéralement ce titre, étant donné le sens de l'expression, mais c'est ce qui a été fait internationalement, des 400 blows en anglais aux 400 udaraca en serbe.

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Les quatre cents coups (1959) marquent une date dans l’Histoire du cinéma français.

  • C’est bien sûr le premier film de François Truffaut.
  • C’est aussi le premier film de la « Nouvelle Vague ». La Nouvelle Vague, c’est un mouvement hétérogène d’auteurs formés à la critique (dans les Cahiers du Cinéma) désirant s’affranchir des codes en vigueur dans les studios français des années 50.

Une date dans le cinéma français, mais peut-être aussi dans le cinéma mondial si on en juge par la variété des affiches.

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Affiche japonaise trouvée ici parmi d'autres
Il semble que les films liés à ce mouvement et à cette époque soient très populaires au Japon

Ce film raconte l’histoire d’Antoine Doinel (le jeune Jean-Pierre Léaud), un jeune adolescent, et de ses rapports avec le monde des adultes.

Les lieux de tournage se trouvent essentiellement autour de la place Clichy à Paris et en Normandie (dans le Calvados (14) et dans l'Eure (27)).

On trouvera ci-dessous deux bandes-annonce.

  • La première accompagnait la sortie d’un DVD produit par MK2 et distribué au Royaume-Uni par le BFI (British Film Institute) en 2004. C’est celle qui donne le plus envie de voir le film.
  • La seconde, d’époque, relatait les échos de la presse enthousiaste. Quoique alourdie de citations, elle comporte un intérêt culturel certain.

 

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La nouvelle bande-annonce anglo-saxonne


Ajoutée le 16 mars 2009 par BritishFilmInstitute

Transcription

Gilberte Doinel - Tu sais très bien qu’à l’école on apprend des tas de choses inutiles : l’algèbre, la science, ça sert à peu de gens dans la vie. Mais le français ? Hein ? Le français ? On a toujours des lettres à écrire.

L’Assistante sociale – Tes parents disent que tu mens tout le temps.
Antoine Doinel – Non, je mens de temps en temps, quoi… Des fois, je leur dirais des choses qui seraient la vérité, ils me croieraient pas, alors je préfère dire des mensonges.

Julien Doinel – Si tu me demandes 1000 francs, c’est que tu en espères 500, donc t’as besoin de 300. Tiens, voilà 100 balles. Tiens v’là 500, va. Mais en principe c’est ta mère qui te paie ça !

Antoine Doinel – Puis je me suis aperçu que ma mère elle ne m’aimait pas tellement. Elle me disputait toujours. Et puis pour rien, des petites affaires insignifiantes ! Et puis euh… avec ma grand’mère aussi. Elle s’est disputée une fois. Et là, j’ai su qu’elle avait voulu me faire avorter. Puis si je suis né, c’était grâce à ma grand-mère.

‘Petite Feuille’ – Ta mère, ta mère, qu’est-ce qu’elle a encore.
Antoine Doinel – Elle est morte.

Julien Doinel – Enfin, dans la mesure où on travaille tous les deux, vous savez ce que c’est.
Le Directeur de l’école – Oui je suis père de famille, moi aussi. Il faut reconnaître que parfois, on ne s’y retrouve pas très bien.
Julien Doinel – Mais si seulement il avait voulu se confier à nous !

 

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L'ancienne Bande-annonce française


Ajoutée le 12 janvier 2007 par Jael Valdivia 

Transcription

Le Parisien, Combat, France-Soir, L’Aurore, Paris Match, Le Figaro Littéraire, Les Lettres françaises, Arts, L’Express

Voix off – Toute la presse en émoi. Ce gosse vient de faire éclater une bombe.
« Les quatre cents coups, a dit Henri-Georges Clouzot, est un film qui m’a positivement emballé. Le film le plus sensible que j’ai vu depuis la guerre… »
Quant à l’appréciation de Jean Cocteau, elle ne fut pas moins élogieuse.
« Je n’ai jamais été si bouleversé au cinéma. »

Gilberte Doinel – Il ment comme il respire !
Julien Doinel – Il a de qui tenir !
Gilberte Doinel –
Julien Doinel – Oh merde alors ! Je lui ai donné un nom ! Je le nourris !
Gilberte Doinel – Oh ! J’en ai assez de toi ! Si tu ne peux pas le supporter, dis-le ! On va le mettre chez les jésuites, chez les enfants trouvés, que j’aie enfin droit à un peu de calme !

Voix off – Oui : «  Plus sévère pour la société que maint réquisitoire…
Henri Magnan, Combat. »

Antoine Doinel – Bonjour madame !
Un curé – Petits malheureux va !

Voix off – Et Georges Sadoul écrira dans les Lettres Françaises :
« L’émotion vous saisit. Elle continue de vous serrer la gorge durant les heures qui suivent cette révélation. Un grand talent nous est né, que je salue avec admiration et une respectueuse amitié. »

Gilberte Doinel – Oh mon Dieu ! Antoine ! Il m’a sûrement vue !
L’amant – Ton fils ? C’est lequel des deux ?
René – Qu’est-ce que tu vas prendre ce soir !
Antoine Doinel – Penses-tu…. Elle va jamais oser le dire à mon père !

Voix off – Une histoire prenante, sans révolte spectaculaire. Ainsi qu’en témoigne Paul Guyot dans France-Soir :
« Le film a gagné, tout simplement parce qu’il est beau comme tout ce qui va sans "phrase" jusqu’au bout de la vérité »

 

La rage, et cria d’une voix […] d’Archimède : EUREKA (j’ai trouvé) ! Il retomba sur son lit en rendant le son lourd d’un coprs inerte. Il mourut en poussant un gémissement affreux, et ses yeux convulsés exprimèrent, jusqu’au moment om le médecin les ferma, le regret de n’avoir pu léguer à la science le mot d’une énigme dont le voile s’était tardivement déchiré sous les doigts décharnés de la mort.

Fin de "la Recherche de l’absolu" [Balzac, 1845]

L’Assistante sociale – Tes parents disent que tu mens tout le temps.
Antoine Doinel – Non, je mens de temps en temps… Des fois, je leur dirais des choses qui seraient la vérité, ils me croieraient pas, alors je préfère dire des mensonges.

« "Les quatre cents coups" assénés par François Truffaut retentiront longtemps… » Paul Guyot (France-Soir)

Voix off – Au sujet de ce film, tout a été si spontanément et si généreusement exprimé qu’on ne saurait rien y ajouter. Cette œuvre apparaît comme la grande victoire d’ une gageure tenue par ce jeune et féroce critique de cinéma qui a osé affronté le danger de la réciprocité en devenant à son tour metteur en scène.
Ce film aura fait écrire à Jacqueline Michel dans le Parisien Libéré : « Truffaut a fait mieux qu’un chef d’œuvre, une œuvre rigoureuse, vibrante, belle et sincère, qui nous arrache le cœur doucement, tendrement, sans cris et sans grandiloquence.
Les Quatre cents coups ont pour principales vedettes Jean-Pierre Léaud qui nous révèle un talent étonnant dans le rôle du gamin terrible de ce film, Patrick Auffay, Claire Maurier, Albert Rémy et Guy Decomble.

‘Petite Feuille’ – Puis "la Recherche de l’absolu" vous a conduit droit au zéro, mon ami. Pour les autres moins familiers de Balzac, je dirais qu’il s’agi d’"une ténébreuse affaire" [Balzac, 1843].

Antoine Doinel – De toute façon, moi, après ce coup-là, je ne peux plus vivre avec mes parents. Il faut que je disparaisse, tu comprends ?

Le Film Les Quatre Cents Coups a obtenu au Festival International de Cannes 1959
1. Le prix de la meilleure mise en scène
2. Le prix de l’office catholique international du cinéma