Marco Perrin (1927-2014) est né à Aix-en-Provence (13) sous le nom de Jean Markovitch.

Selon cette source, son père était d’origine serbe.

Il a tourné, entre autres, pour Bertrand Blier et Joël Séria, qui l'évoquent dans l'extrait ci-dessous.

Il a tourné, entre autres, avec Alain Delon, Michel Serrault, Gérard Depardieu et Louis De Funès.

Sa carrière s’est interrompue en 1983 pour des raisons de santé.

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Il fait partie de ces acteurs que des générations de cinéphiles souhaitent sortir de l’oubli.

Jérémy Kaplan lui avait d'ailleurs consacré un documentaire en 2011.

Il faut saluer cette initiative décrite sur la page consacrée à cet acteur.

Marco_Perrin_-_Jeremy_Kaplan_(2011)

 En voici le teaser.


Ajoutée le 29 septembre 2011 par Jérémy Kaplan-Piaud

Transcription

Bertrand Blier – Marco Perrin c’est un mélange de sérieux, de force physique... c’est un mec qui peut envoyer un coup de poing, qui est costaud, et qui en même temps a le côté goguenard du mec du midi, un peu le côté « faut pas me prendre pour un con ».

Ce film rend hommage à la carrière de Marco Perrin, et aussi aux "seconds rôles" qui font briller haut les lumières du cinéma français.

Joël Séria – Je pensais, d’ailleurs, de toute façon, moi, je pensais vraiment reprendre Marco dans d’autres choses et c’est vrai que parmi les comédies que j’ai écrites et que je n’ai pas tournées d’ailleurs, il y aurait eu des choses pour lui.

Marco Perrin – Que voudrais-tu savoir?

Jérémy Kaplan – Je voudrais savoir…

Marco Perrin – Une anecdote sur Alain Delon ?

Jérémy Kaplan – Par exemple, oui, on peut partir sur Alain Delon.

Marco Perrin – Je tournais, hein, Flic Story (Deray, 1975) avec lui. Et un jour, un après-midi, il me prend par le bras il me dit « viens voir ». Il me met devant une glace et il me dit « que vois-tu ? » et je lui dis « je vois Alain Delon et Marco Perrin. » Et il me dit « mais pas du tout, pas du tout… pas du tout, tu vois la beauté et la laideur. » Je lui ai répondu : « La laideur, ça dure. »

 

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La scène suivante est extraite des Valseuses.

C'est le premier vrai film de Bertrand Blier (né en 1939).

affiche-Les-Valseuses-1973-1

Il a révélé Gérard Depardieu et Patrick Dewaere. Il a marqué une époque continue de se transmettre pour des tas de raisons sur lesquelles on reviendra sans doute.


Ajoutée le 13 mars 2012 par beralprod

 

Transcription (tirée et adaptée de ce blog)
Les transcriptions sont aussi faites pour être jouées ! Servez-vous en, mettez les mots dans votre bouche. Ceux de Bertrand Blier sans gouleyants.

Le vigile – Dis-donc petit, tu es sûr que c’est bien ici que tu viens ?

Jean-Claude – Tiens… [montre des billets]

Le vigile – Au temps pour moi.

Jean-Claude – Elles sont belles tes oreilles là…

Le vigile – Ah oui ?

Jean-Claude – Elles sont vachement bien dégagées.

Le vigile – Méfie-toi aux tiennes [sic] des fois que je les frictionne un peu.

Jean-Claude – Tu vas au coiffeur [sic] tous les samedis toi hein.

Le vigile – Ah non, non non, ça… le samedi je travaille.

Jean-Claude – Ah ouais.

Le vigile – C’est le jour où il y a le plus de fauche. Et les voyous dans ton genre j’en fais coffrer à la douzaine.

Jean-Claude – Ah ça c’est bien ça, c’est bien. Parce que si tout le monde faisait son métier comme toi, il y aurait un peu moins de gaspillage.

Le vigile – Ah.

Jean-Claude – Il parait que tu es un as toi au 421.

Le vigile – Ah oui ? Qui c’est qui te l’a dit ça ?

Jean-Claude – Oh je te connais par cœur hein… des types comme toi j’en ai plein les pattes, là. En ce moment tu peux pas savoir… je les accroche, je sais pas, c’est pas croyable.

Le vigile – C’est une correction que tu es venu chercher ici ?

Jean-Claude – Non non non, seulement un froc. Du genre américain tu vois. Pour mon frangin, c’est son cadeau d’anniversaire.

Le vigile – Ah oui. Tu vois c’est… au bout à droite là-bas. Tu vois ? Après les télévisions. Je te fouillerai à la sortie.

Jean-Claude – Mm [rire] Tiens, regarde [il montre les billets].

Le vigile – [siffle] mais dis-donc, tu viens de toucher ta première paye ?

Jean-Claude – Non non sûrement pas tu vois. [il respire les billets, rigole]. J’ai rencontré une femme du monde.

Le vigile – Ah oui ?

Jean-Claude – Oui oui, elle m’a dans la peau tu vois. Elle me donne tout ce que je veux.

Le vigile – Ah bon.

Jean-Claude – Ursulla, elle s’appelle.

Le vigile – Félicitations.

Jean-Claude – Il sert à rien ton badge là. On te repère à deux cents mètres tellement tu pues la brillantine.

Le vigile – Dis donc tu as du pot tu sais, parce que… je suis de bonne humeur aujourd’hui.

Jean-Claude – Oh moi aussi, la vie est belle hein, j’ai envie de te toucher tellement tu me fascines.

Le vigile – Méfie-toi à ton nez [sic] parce que si des fois je le touchais un peu comme ça…

Jean-Claude – Eh dis donc.

Le vigile – Oui ?

Jean-Claude – Tu les pelotes, les vendeuses ?

Le vigile – Attention ! À trois, je te fous dehors avec mon pied dans le cul t’as compris ? Petit con, va !

Jean-Claude – On n’est vraiment pas de la même famille tous les deux hein ?

Le vigile – Non, certainement pas.

Jean-Claude – Non mais tu vois pourtant, j’avais un petit peu d’affection pour toi.

Le vigile – Oui,  moi aussi... Oui, moi aussi tu vois depuis un petit moment, là, j’avais envie d’être… plus près de toi.

Jean-Claude – Mm. Ben tu vois, c’est dommage que je suis [sic] pressé, sans quoi, je t’aurais bien invité au restaurant.

Le vigile – Mm.

Plus tard sur le parking.

Le vigile – Eh dis-donc, espèce de salaud, va ! Fumier !