Dans l’Ascension du Haut-Mal, David B. revisite sa propre histoire et celle de sa famille. Certaines cases de cette œuvre permettront d'évoquer des éléments de littérature, de géographie, de musique, d'histoire, voire d'ésotérisme.

 

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David B. - L'Ascension du Haut Mal (volume 6) CLIC !!!

Le soir, lorsque tout le monde est couché, je quitte ma chambre par la gouttière.
Dans le jardin, je guette les bruits des animaux nocturne.
Mon père a fait brûler des feuilles mortes. Les cendres sont chaudes, il y a encore des braises.

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"Je fis un feu,
L’azur m’ayant abandonné,
Un feu pour être son ami."

Paul Éluard.

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Paul Éluard (1895 - 1952) est un poète révélé au moment du mouvement surréaliste dont il est l'un des membres les plus actifs, du moins au début.

 

 Ce poème de Paul Éluard (1895 - 1952) est paru dans Le Livre ouvert en 1940. Écrit en 1918, le poète lui a ajouté quelques pièces dans un ensemble intitulé Vivre ici.

 

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(Paul Éluard)

Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné,
Un feu pour être son ami,
Un feu pour m’introduire dans la nuit de l’hiver.
Un feu pour vivre mieux.

Je lui donnai ce que le jour m’avait donné :
Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clefs,
Les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.

Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,
Au seul parfum de leur chaleur ;
J’étais comme un bateau coulant dans l’eau fermée,
Comme un mort je n’avais qu’un unique élément.

1918

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Julos Beaucarne l’a mis en musique en 1975 sur son bel album intitulé Chandeleur Septante Cinq.

 

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Il y a comme un écho avec Le Petit Garçon de Serge Reggiani (« je vais faire du feu »).

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En effet, faire un feu puis le regarder, cela apporte du réconfort.

Gaston Bachelard (1884-1862) a écrit un livre sur la psychanalyse, la poétique du feu paru en 1937.

 

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Le feu enfermé dans le foyer fut sans doute pour l’homme le premier sujet de rêverie, le symbole du repos, l’invitation au repos. On ne conçoit guère une philosophie du repos sans une rêverie devant les bûches qui flambent. Aussi, d’après nous, manquer à la rêverie devant le feu, c’est perdre l’usage vraiment humain et premier du feu. Sans doute le feu réchauffe et réconforte. Mais on ne prend bien conscience de ce réconfort que dans une assez longue contemplation ; on ne reçoit le bien-être du feu que si l’on met les coudes aux genoux et la tête dans les mains. Cette attitude vient de loin. L’enfant près du feu la prend naturellement. Elle n’est pas pour rien l’attitude du Penseur. Elle détermine une attention très particulière, qui n’a rien de commun avec l’attention du guet ou de l’observation. Elle est très rarement utilisée pour une autre contemplation. Près du feu, il faut s’asseoir ; il faut se reposer sans dormir ; il faut accepter la rêverie objectivement spécifique.

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Sachant que ...

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Classiques-Web

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C'est ici.