La note d'hier consacrée à On my radio faisait référence à une hallucination auditive. On a vu que Benoît Morel entendait "19° au chaud" là où the Selecter chantait "it's always the same show".

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(trouvé sur le site de l'artiste)

Dans le même ordre d'idée, l'humoriste Serge Llado a collecté un certain nombre de ces hallucinations courantes, ces phrases que l'on entend à tort et qui sont souvent grivoises.

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Le procédé, à base d'allophones, peut rappeler celui souvent utilisé par François Pérusse comme dans son sketch "la dictée de Pivot", par exemple.

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Serge Llado les utilise pour des chroniques radiophoniques dans On va s'gêner (depuis 1999), une émission radiophonique de divertissement de Laurent Ruquier (né en 1963) diffusée sur Europe 1. Elle traite de l'actualité.

Il en a également présenté une sélection pour ce sketch diffusé dans Les Années Bonheur (depuis 2005), une émission télévisée de divertissement de Patrick Sébastien (né en 1953) diffusée sur France 2. Elle est à la fois festive et nostalgique.

 

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Publiée le 29 septembre par Marie Soubie

Transcription (Elle inclut ce qui précède et suit le sketch. Celui-ci ne dure que 5 minutes, de 30'' à 5'40'')

Patrick Sébastien – Allez, on s'asseoit, le spectacle continue parce que là, on va se marrer. Vous savez souvent, quand on entend des chansons en anglais, on a l'impression d'entendre une phrase en français. Tu vois ce que je veux dire. On entend des paroles en anglais, on se dit n a l'impression d'entendre une phrase en français. Et il y a un spécialiste de ça – ça s'appelle des hallucinations auditives – tu le connais bien puisqu'il est au Don Camilo avec toi, tous les soirs.
Yann Jamet – C'est mon ami.
Patrick Sébastien – C'est ton ami.
Yann Jamet – C'est mon ami.
Patrick Sébastien – C'est mon ami aussi, on a fait du cabaret il y a très longtemps ensemble, il s'appelle Serge Llado. Viens, mon Serge, nous faire rire.

 

30'' [Musique du générique de la série les Envahisseurs / The Invaders, Dominic Frontier].

 

Par un bel après-midi d'été, je faisais la sieste au bord de la piscine, en plein soleil, en écoutant de la musique, lorsque j'ai été victime d'hallucinations auditives, comme si mon Ipod avait été envahi par d'étranges créatures.

  • Attends, le plus bizarre, c’est qu’à ce moment là, y a Alice Cooper qui lui a répondu « Ça peut pas être ma chienne parce qu’elle a fait caca dans la forêt. »
    ("Hey, I think I've got a live one, yeah",
    extrait de Raped and freezin')
  • Pendant ce temps les autres étaient en train de préparer le pique nique, il n’y avait que l’eau à boire et Sting a reconnu que c’était sa faute. « J’ai laissé le Gin au bateau. »
    (Message in a bottle)

C’est con.

  • Ce pauvre Sting, à qui les autres reprochaient de s’être taillé un morceau de pizza beaucoup trop gros,se défendait : « Mon opinel a dû mal couper. »
    ("More loneliness / Than any man could bear",
    extrait de Message in a bottle)

C’est ça, ouais…

  • C’était le groupe Metallica qui s’occupait du barbecue. Tout semblait très bien se passer de leur côté. « Nous faisons des œufs et pouic pouic ils se tournent. »
    ("New blood joins this earth /And quickly he's subdued",
    extrait de The Unforgiven)
  • Par contre, les Daft Punk étaient furieux, parce qu’il n’y avait pas de cadeau à l’intérieur de leurs œufs en chocolat. « Saloperie… saloperies de kinder surpise. »
    ("celebrate / One more time / Celebrate and dance for free",
    extrait de One More Time)
  • Cheb Mami n’avait qu’une idée en tête, aller manger un cassoulet.
    ("Ala wejhi n'kartouni",
    extrait de Parisien du Nord)
  • Et Olivia Newton-John n’était pas du tout d’accord, elle disait : « si ça se trouve dans ton cassoulet, il y a du chien, du poulet, il y a du chien. »
    ("You're too shy to convey",
    extrait de You're the one that i want)

Quelle horreur !

  • La chanteuse espagnole Luz Casal a appelé une copine sur son portable et lui disait de venir la rejoindre, elle lui a donné l’adresse : « Plaine-Saint-Denis »
    (Piensa en mi).
  • Et Chico, le chanteur des Gypsies, qui connaissait très bien l’itinéraire, a tenu à préciser : « mais avertis donc qu’elle descende par en haut »
    ("Pero el destino tendresa parados",
    extrait de Bamboleo).
  • L’ambiance était en train de monter et Patrick Hernandez en a profité pour se lancer dans une imitation de Jean-Marie Le Pen : « Je suis le borgne. »
    ("Just  been born... born... born...",
    extrait de Born to be alive)
  • À l’intérieur de la villa, l’atmosphère était beaucoup plus glauque. Une orgie venait de commencer. J’ai même entendu David Bowie prononcer très disinctement : « Prends le contrôle de mes tétons. »
    ("Ground control to Major Tom",
    extrait de Space Oddity).
  • Même que Florent Pagny se foutait de sa gueule en le traitant de « Madone aux têtons bien bien sales ».
    ("ma tanto bene sai",
    extrait de Caruso).
  • Avril Lavigne ne savait plus où donner de la tête, dans l’obscurité on l’entendait qui demandait « Qu’est-ce que je suce ? »
    ("guess who she sees",
    extrait de Sk8er boi)
  • Et Andrea Bocelli, le pauvre, qui y voyait encore moins qu’elle, continuait à m’expliquer une recette pour accomoder les crudités : « prend pas le concombre trop mou. »
    ("Sopra un palco o contro ad un muro",
    extrait de Vivo per lei avec Hélène Ségara).
  • Le chanteur du groupe Scorpion ne participait pas au délire […] et pour cause : il avait peur d’incommoder ses camarades : « Ce soir, j’ai les pieds qui puent. »
    ("so strong / That I can't get through",
    extrait de Still loving you)
  • Là, c’en est trop, je me réveille, et je me redresse sur mon transat, et à ce moment-là, je vois Jo, le jardinier portugais, en train de ramasser les feuilles avec sa pelle. Jo rentre ses feuilles et il me dit « à ce soir, il fait chaud, là. »
    ("Chorando se foi quem um dia so me fez chorar",
    extrait de la Lambada).
  • Il a raison Jo, il ne faut pas rester en plein soleil quand il fait un tel cagnard. Depuis je suis son conseil, grâce à lui ça va quand même beaucoup mieux. C’est tout juste si, de temps en temps quand j’écoute les disques de Ray Charles, j’ai la bizarre impression qu’il répète tout le temps : « J’ai des puces aux couilles. »
    ("Make me feel so good yeah",
    extrait de What I'd say).

Ça prouve bien qu’on n’en est jamais vraiment guéri, des hallucinations auditives. Faites gaffe, mes amis, parce qu’à partir d’aujourd’hui, vous aussi, vous êtes contaminés. Et pour vous tous, le cauchemar a déjà commencé.

[5'41'' - interview]

Patrick Sébastien – Oh oui ! Serge Llado ! Magnifique ! Serge Llado ! Bien vu ! Magnifiquement vu ! Serge au Don Camillo ! Je t’ai connu dans le temps, quand on faisait du cabaret ensemble.
Serge Llado – C’est vrai.
Patrick Sébastien – Quelle belle idée. T’es un spécialiste, toi, de ça, toutes ces bêtises sur les chansons.
Serge Llado – C’est vrai, les hallucinations sont nées il y a quatre ou cinq ans dans l’émission de Ruquier ["On va s'gêner" écouter ici], où j’ai une chronique quotidienne depuis une dizaine d’années. Les hallucinations, les chansons courtes sur l’actualité… les ressemblances entre les chansons, j’ai repris le vieux truc de…
Patrick Sébastien – Tu avais fait un truc sur le générique du journal de TF1 qui ressemblait à…
Serge Llado – Oui, ça a bien marché, montrer que le générique de TF1 était carrément inspiré d’une partie des Dents de la mer [écouter ici]. Les ressemblances entre les chansons, c’est vrai, on s’en aperçoit par exemple quand on est sous la douche et qu’on passe d’une chanson à l'autre parce qu’il y a parfois un dénominateur commun. Par exemple, vous êtes « Prendre un enfant par la main » [Yves Duteil] / « C’est la chenille qui redémarre » [La Bande à Basile].

[6'46'' - transition]

Patrick Sébastien – C’est vrai. C’est vrai. C’est vrai, c’est vrai. Et tu passes avec notre ami, là.
Serge Llado – Bien sûr, on partage la scène depuis…

[6'54'' - sketch]

Patrick Sébastien – Il est énorme, il fait penser à Luchini. Lève-toi, lève-toi, lève toi. Oh, l’œil, l’œil. [se marre] Dépêche-toi quand même, on n’a pas…
Yann Jamet – Effectivement, c’est hallucinant. Serge Llado, grand philosophe – je trouve que cette émission manque un petit peu de philosophie, d’ailleurs, faut le dire…
Patrick Sébastien – Fais moi un peu de philosophie, très vite.
Yann Jamet – Christelle, tu as étudié la philosophie ?
Christelle Cholet – Ah oui, ouioui, absolument.
Yann Jamet – Alors il y a un philosophe qu’il faut citer, c’est le grand philosophe belge, Jean-Claude Van Damme, qui avait posé cette question fondamentale, philosophiquement parlant, écoute-bien, il avait dit : « Femme qui rit à moitié dans ton lit, d’accord. Si je fais rire Mimie Mathy, il va me rester quoi ? »

[Quand on ne sait pas que Mimie Mathy, comédienne, est naine, cette blague n'est pas si drôle. Quand on le sait non plus, d'ailleurs.]

[7'43'' - transition]

Patrick Sébastien – Ohohoho, enfoiré, asseois-toi. Asseois-toi, c’est une honte. Il s’appelle Yann Jamet. Voilà… Non, on n’est pas bien là ?
Christelle Cholet – Moi aussi, moi aussi, j’ai eu une hallucination auditive l’autre jour. Ouais.
Patrick Sébastien – Quoi ?
Christelle Cholet – J’ai entendu chanter Carla Bruni.
Patrick Sébastien – Et alors ?
Christelle Cholet – Non…
Patrick Sébastien – C’est pas grave ! [s’esclaffe] Elle est bien, ta vanne ! Applaudissez. [imite Sarkozy] Ah j’aime beaucoup, ça me fait beaucoup plaisir [sic].

[transition]

Patrick Sébastien – [à Serge Llado] Hè, ton sketch se terminait presque avec « Jo sort ses feuilles », je sais plus quoi heu…
Serge Llado – Jo rentre ses feuilles et il me dit « à ce soir, il fait chaud, là. »
Patrick Sébastien – Tu vas nous bousiller le truc, là. On les a fait venir !
Serge Llado – Ah ben si ils viennent évidemment, vous n’entendrez plus que ça.
Patrick Sébastien – Vous vous rappelez la Lambada ? En quelle année c’était ?
Fabien Lecœuvre – 1989, le tube à plus de trois millions d’exemplaires vendus.
Patrick Sébastien – Le tube, c’est le cas de le dire, vous allez pouvoir vous serrer les uns contre les autres et commencer à dire des conneries ! Serrez-vous, attrapez-vous par les …etc., etc.
Fabien Lecœuvre – Loalwa.
Patrick Sébastien – C’est Loalwa de Kaoma, je ne sais pas avec qui je vais danser, peut-être avec Christelle Cholet.
Christelle Cholet – Ah non !
Patrick Sébastien – Je sais pas. ALLEZ DEBOUT ! Un peu de Lambada ça fait…

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