Dans l’Ascension du Haut-Mal, David B. revisite sa propre histoire et celle de sa famille. Certaines cases de cette œuvre permettront d'évoquer des éléments de littérature, de géographie, de musique, d'histoire, voire d'ésotérisme.

 

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 Une dispute entre un ancien des colonies, en Indochine, qui a du mal à se réadapter à la métropole et son épouse qui ne l'avait pas accompagnée.

 

David B. - l'Ascension du haut mal (vol2)

 

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L’Annam correspond au cente du Vietnam.

Il s’agissait d’une partie de l’Indochine Française constituée du Vietnam (avec l’Annam, donc, mais aussi le Tonkin et la Cochinchine), du Laos et du Cambodge.

Regardez bien cette carte très instructive.

© Guillaume Balavoine 2004

Cette carte très informative vient du site http://www.atlas-historique.net

 On la trouve précisément ici.

 

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La première fois que j’ai entendu le mot "Annamite", c’était dans la chanson colonialiste intitulée la petite Tonkinoise (1906) une chanson du prolifique Vincent Scotto (1874-1952) et de l’auteur Henri Christiné (1867-1941).

 

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Parmi les nombreuse version existante, c’est celle de Josephine Baker (1906-1975) qui est la plus connue.

 

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 Contenant habituellement plusieurs couplets, la version de la chanteuse américaine n'en a retenu qu'un en plus du refrain.

 


Ajoutée le 12 janivier 2011 par stella mamai

 

(Henri Christiné - Vincent Scotto)

L’soir on cause
De tas d’choses
Avant de se mettre au pieu
J’apprends la géographie
D’la Chine et d’la Mandchourie
Les frontières
Les rivières
Le Fleuve Jaune et le Fleuve Bleu
Y a même l’Amour c’est curieux
Qu’arrose l’Empire du Milieu

C’est moi qui suis sa petite
Son Annana, son Annana, son Annamite
Je suis vive, je suis charmante
Comme un p’tit z’oiseau qui chante
Il m’appelle sa p’tite bourgeoise
Sa Tonkiki, sa Tonkiki, sa Tonkinoise
D’autres lui font les doux yeux
Mais c’est elle que j’aime le mieux

 

On reviendra peut-être à l’occasion sur la version plus longue de Polin (1863-1927), son créateur. Elle constitue un document intéressant sur la façon dont on pouvait percevoir les colonies en métropole à travers ce genre de représentation. Répétons-le : le colonialisme est injustifiable, fût-ce par les meilleures intentions (ce qui était loin d'être systématiquement le cas). Il n'en est pas moins vrai qu'une certaine culture coloniale a imprégné la société française.

 En attendant, on se reportera sur l'excellent site histgeobox, un site qui analyse nombre de chansons, francophones ou non, par le biais de l'histoire. L'article consacré à la petite Tonkinoise contient également un court entretien très intéressant avec l'historien Pascal Blanchard (né en 1964), spécialiste de l'histoire de l'empire colonial.

 Je m'y réfère chaque fois que j'ai besoin d'informations sur une chanson que je suis amené à vous présenter.