La Victoire en chantant (1976) est le premier film de Jean-Jacques Annaud (né en 1943, auteur de films comme Le Nom de la Rose, Sept ans au Tibet…). C'est une satire de l'esprit colonialiste français.

Tourné en Côte d'Ivoire, le film est censé se dérouler Afrique Equatoriale Française, région qui ne comprenait pas la Côte d'Ivoire.

L'affiche, chargée de symboles, montre deux hommes contraints de porter un symbole de la République Française.

la-victoire-en-chantant-noirs-et-blancs-en-couleur

La bande-annonce commence par un florilège de ce qu’on appellerait aujourd’hui du racisme ordinaire, des horreurs proférées ingénuement.

Ces déclarations sont authentiques quoi que leurs auteurs soient oubliés aujourd’hui.

Il est utile de se les rappeler aujourd’hui pour deux raisons :

  • elles permettent de sentir le climat de l’époque coloniale (les citations vont de 1887 à 1938) ;
  • elles obligent à s’interroger sur la réalité actuelle : comment ce racisme perdure-t-il aujourd'hui ?
    (La laïcité, symbole de l'égalité républicaine, a été accusée de servir de prétexte à une forme de racisme d'exclusion autour de la question du voile).


Ajoutée le 2 août 2010 par Partido Pirata

Transcription

"Comme on peut s’en rendre compte sur cette photographie, bien étrange est ce nègre qui à gauche porte une sacoche en bandoulière. Toutes ces physionomies méritent d’être examinées. On y retrouve toute l’astuce des nègres et je ne sais quelle roublardise gagnée au contact des européens."

Portfolio colonial, 1895

 

"Ils ne sont pas destinés à devenir des savants et des docteurs, ces braves noirs. On tâche d’en faire des hommes et de bons chrétiens."

Révérend Père Trilles, 1900

 

"Votre vie coloniale commence. Rien pour vous ne sera changé, ou si peu. Vous recevrez vos visites et vous les rendrez en mêmes toilettes éblouissantes. Partout, vous trouverez des partenaires pour le bridge."

Clotilde Chivas-Baron, La femme française aux colonies..., 1938

 

"La déchéance native des hommes de la race noire, leur misérable condition, excitent la pitié de philanthropes. Mais étudiés de près, ils déconcertent les dévouements les plus sympathiques."

Tissot et Amërot, Au pays des nègres : peuplades et paysages d'Afrique, 1887

 

"Abou ne se rebiffe jamais lorsqu’on le corrige immédiatement après la faute."

Madeleine Poulaine, Une blanche chez les noirs. L'Afrique vivante, 1931

 

"La colonisation est un fait social nécessaire. Mais la justice exige que la domination des blancs n’entraîne pas pour les noirs les pires conséquences. La justice exige que les indigènes tirent quelques avantages de notre présence parmi eux."

Félicien Challaye, Le Congo français. La question internationale du Congo, 1909

 

"Sans doute parce que leur teint les uniformise au moins autant que leurs tenues militaires, je trouve aux défilés de noirs un ensemble, une harmonie que n’ont pas les défilés d’autres soldats."

Madeleine Poulaine, Une blanche chez les noirs. L'Afrique vivante, 1931

 

Chanson : [Le chant du départ]

Paul Rechampot - Pourquoi tu dis pas « vive la France ! », toi ?
Une voix - Vive la France !
Jacques Rechampot - Vive la France !
Paul Rechampot - Vive la France !

Non identifié - [en allemand]

Non identifié - Yes sir. Je propose de traduire.

Père Jean de la Croix - Laba
La classe - Laba
Père Jean de la Croix - Yo
La classe - Yo
Père Jean de la Croix - Net
La classe - Net
Père Jean de la Croix - La baïonnette
La classe - La baïonnette

Paul Rechampot - Est-ce que mon frère, il est bête ?
Jacques Rechampot - [sourire idiot]

Hubert Fresnoy - Et pour après vous avez un plan ?
Sergent Bosselet - Oui, j’ai un plan… Et… j’ai un… J’ai pas de plan, non.

Une voix - Vive la République ! En avant !

Paul Rechampot - Allez vous-en ! Quoi, quoi, vous en connaissez, des médecins, dans la région, vous ?

Chanson : [Le chant du départ]

Voix off - La Victoire en chantant, un film de Jean-Jacques Annaud avec Jean Carmet, Jacques Dufilho, Catherine Rouvel et Jacques Spiesser.

Jacques Rechampot - Je suis content.

 

On a vu apparaître

Jacques Dufilho - Paul Rechampot

Claude Legros - Jacques Rechampot

Peter Berling - Père Jean de la Croix

Jacques Spiesser - Hubert Fresnoy

Jean Carmet - Sergent Bosselet

 

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La Victoire en chantant, ce sont les premiers mots du Chant du Départ.

 

Le-Chant-Du-Depart-14-Juillet-1794---14-Juillet-1944-La-Ligue-Des-Droits-De-L-homme-Partition-et-Songbook-919285012_ML

 

C'est un chant révolutionnaire de Marie-Joseph Chénier (paroles) et Etienne Nicolas Méhul (musique), qui a été beaucoup chanté au début de la première guerre mondiale.