Deux jours à tuer de Jean Becker (né en 1933) est le premier film d’un cycle autour du personnage type du Misanthrope (dont l’Alceste de Molière est l’archétype) dans le cinéma français.

Il nous donnera l'occasion de faire un tour dans les Yvelines (78), dans la Manche (50) et en Irlande.

 

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Synopsis trouvé sur la jacquette du DVD

 

Antoine (Albert Dupontel), la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse (Marie-Josée Croze), deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter, une jolie demeure et de l'argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end. Que s'est-il passé chez cet homme pour qu'il change si étrangement de comportement ?

 

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Promotion trouvée sur la jacquette du DVD

Après le succès de Dialogue avec mon jardinier (2007), Jean Becker signe l’adaptation du roman de François d’Épenoux Deux jours à tuer. Salué par la critique et le public, ce long métrage offre à Albert Dupontel l’un de ses meillers rôles, magistral et poignant.

 


Mise en ligne le 2 mai 2008 par xtremdivx

Transcription

Antoine – Oui ?
Cécile – Ça t’ennuierait pas d’aller chercher maman à la clinique ?

La belle-mère – Je vous attendais plus tôt Antoine.
Antoine – Vous êtes toujours en train de râler. À force, ça casse les burnes.
La belle-mère – Ça casse les quoi ?

Antoine – « À mon papa chérie »… C’est moi. « Bon aNNiversaire », ça prend deux n.
Cécile – Antoine.
Antoine – Si on peut plus parler franchement à ses enfants, alors là…

Tous les amis – Joyeux anniversaire !

Clara – L’Association pour l’Afrique, tu sais que ça marche de mieux en mieux…
Antoine – Tu fais quoi, toi, là-dedans, exactement ?
Clara – Je supervise l’acheminement. Je donne aussi quelques petits objets personnels.
Antoine – Ça doit leur faire bizarre, aux Africains, dans le désert, de recevoir un sac à main Gucci.
Bérengère – L’argent ne fait pas le bonheur.
Antoine – Le meilleur moyen pour que t’arrêtes de dire des conneries, ben c’est de fermer ta gueule.

Antoine – Pourquoi chaque fois que quelqu’un parle avec un minimum de sincérité, tout le monde le trouve dingue.

Antoine – C’est bien toi le plus beau, va. Désolé de te laisser avec tous ces cons.
Le patron du café – Sss… il a dit quoi, là ?

Étienne – T’as pété les plombs ?
Paul – Mais bon dieu, qu’est-ce que tu as ?

Antoine – Je me fais chier ici. Une belle barraque, un métier qui rapporte gros, rien qui dépasse. Eh moi, j’appelle ça une vie de con.

Antoine – Alice, je vais partir.
Alice – Loin ?
Antoine – Oui.

Cécile – Je t’aime trop.
Antoine – Mais arrête ! Arrête de m’aimer. Je me barre.

Antoine – Tenez, j’ai pas pu tirer plus.
Marc – Attendez, je fais pas la manche. Et puis y a beaucoup trop là-dedans.
Antoine – Prenez-le, ça me fait plaisir.

Le père – Mais tu sais pêcher ?!
Antoine – Parce que c’était important pour moi, nos parties de pêches. Avant que tu partes.

Le père – Tes enfants ?
Antoine – Eh ben si tu vas le savoir, ils sont tristes de ne jamais avoir eu de grand-père. Alors t’es gentil, t’arrêtes ton numéro de papy attentionné.

Cécile – Venez les enfants, il faut rentrer maintenant.

Antoine – La vie, la vraie vie, c’est quoi ? Le fric, le confort ? C’est pour ça qu’on est sur cette terre ? Me sentir vivant, tu comprends ? Vivant.

 

 

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Outre la musique d’Alain Goraguer, la bande originale comprend les chansons de chanteurs populaires.

La fonction de la première, connue, fait écho au film. Les personnages et le public la connaissent, ce qui crée une connivence entre eux. Il n’est donc pas inutile de l’écouter pour se préparer au film.

La deuxième, qui clôt le film, est une chanson bouleversante de Serge Reggiani (1922-2004), écrite par Alain Goraguer et Jean-Loup Dabadie. Plus confidentielle que les grands succès de l’interprète (voir tags), beaucoup l’ont découverte à l’occasion du film. On ne la dévoilera pas. Une place gratuite à la première ou au premier qui indiquera le titre en commentaire !

 

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La chanson de Johnny Hallyday (né en 1943) est l’occasion d’apprendre l’expression « à force de… ».

 


Mise en ligne le 4 décembre 2007 par Chaîne de holdabaum

(Jacques Reveaux – Pierre Billon)

À force de briser dans mes mains des guitares
Sur des scènes violentes, sous des lumières bizarres
À force de forcer ma force à cet effort
Pour faire bouger mes doigts,
Pour faire vibrer mon corps

Oui
À force de laisser la sueur brûler mes yeux
À force de crier mon amour jusqu'au cieux
À force de jeter mon cœur dans un micro
Portant les projecteurs
Et comme une croix dans le dos

J'ai oublié de vivre, ah, j'ai oublié de vivre

À force de courir la Terre comme un éclair
Brisant les murs du son en bouquets de laser
À force de jeter mes trésors au brasier
Brûlant tout en un coup, oui
Pour vous faire crier


À force de changer la couleur de ma peau
Ma voix portant les cris qui viennent du ghetto
À force d'être un Dieu, Hell`s Angel ou Bohème
L'amour dans une main
Et dans l'autre la haine

J'ai oublié de vivre, j'ai oublié de vivre

Oui, à force de briser dans mes mains des guitares
Oui, sur des scènes violentes, sous des lumières bizarres
À force d'oublier qu'il y a la société
M'arrachant du sommeil
Pour me faire chanter

À force de courir sur les routes du Monde
Pour les yeux d'une brune ou le corps d'une blonde
À force d'être enfin sans arrêt le coupable
Le voleur, le pilleur,
Et le violent admirable
J'ai oublié de vivre, j'ai oublié de vivre

Oui, j'ai oublié de vivre, j'ai oublié de vivre