Hippocrate de Thomas Lilti va nous donner l’occasion de suivre la vie d’internes dans un service de  situé dans un hôpital de la région parisienne.

 

Au sommaire de cette note,

  • les réguliers synopsis et transcription,
  • des commentaires d’internes,
  • un mot sur la loi dite « Leonetti »,
  • un petit lexique.

 

***********

 

hippocrate-poster

 

Synopsis

Benjamin (Vincent Lacoste) va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel (Reda Kateb), est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.

 


Ajoutée le 24 juin 2014 par Les cinémas Gaumont Pathé

Synopsis

Benjamin – J’pourrai avoir une blouse, s’il vous plaît ? Vous en avez pas une sans tache ?
Collègue – C’est pas des taches, ça. Ç’a été lavé, c’est des taches propres.

Dr Denormandy – Là, t’as l’accueil. Derrière, c’est le bureau des internes. C’est chez toi. 10 chambres, 18 patients.
Benjamin – 18 ?

Myriam – ‘Vous inquiétez pas, c’est notre meilleur interne.
Benjamin – Attention, je vais piquer.

Professeur Barois – Alors, cette première semaine ?
Benjamin – Je crois que j’ai pas mal assuré.
Professeur Barois – Hola, t’es pas trop sûr de toi, là. Tu commences. Tu connais rien pour l’instant. Alors quand tu sais pas… tu demandes.

Benjamin – Tu sais, j’ai remarqué un truc marrant. Si tu demandes à un patient de s’allonger sur le dos, ben il s’allonge sur le ventre. Alors que si tu le précises pas et que tu dis juste : « bonjour, monsieur, asseyez-vous s’il vous plaît », le mec il s’allonge sur le dos direct.

Benjamin – Si tu tues un mec, qui c’est qui qui paye, alors ?
Estelle – T’es tranquille, toi : ton chef, c’est ton père.
Stéphane – Je crois que t’as le droit à… cinq décès par an.

Benjamin – Et vous buviez combien par jour ?
Patient – Dans les quarante.
Benjamin – Quarante ?!
Patient – [Acquièce.]
Benjamin – Et comment on fait pour boire quarante bières par jour tout en travaillant ?
Patient – Je tiens un bar.

Benjamin – T’as affaire à des vrais patients, à des vrais gens, tu t’occupes d’eux vraiment, t’as une relation avec eux.

Monsieur Lemoine – Lâchez-moi ! Ta gueule, toi ! Salope !

Professeur Barois – [À madame Lemoine]Vous savez, la douleur, c’est le meilleur système d’alarme. Mais chez votre mari, à cause de l’alcool, l’alarme fonctionnait mal.

Dr Denormandy – C’est toi qui a vu monsieur Lemoine, hier soir ?
Benjamin – Euh… oui… Y a un problème ?
Dr Denormandy – Il est décédé.

Abdel – Mais je trouve pas l’ECG, du coup je me demande…
Benjamin – T’as qu’à fouiller dans les autres dossiers, j’sais pas, il y est sûrement.
Abdel – Le problème, c’est que je l’ai déjà fait, ça, de fouiller dans les autres dossiers. Tu vois ?

Benjamin – Franchement, je suis pas fait pour ce métier, c’est pas possible.
Abdel – C’est pas un métier, médecin… une espèce de malédiction.

Benjamin – Allongez vous sur le dos s’il vous plaît.
Patient – [s’allonge sur le ventre]
Benjamin – Non non non, sur le ventre
Patient – Hein.
Benjamin – Enfin, pas sur le ventre, mais sur le dos. De l’autre côté, quoi. Voilà.

 

***********

 

C’est d’abord le réalisme de ce film qui a frappé les personnes concernés, notamment parmi les internes et les médecins.

 

On lira certains commentaires trouvés sur le site http://www.lequotidiendumedecin.fr, le site du quotidien du médecin fondé en 1971.

 

 

Lequotidien

 On retrouve d’ailleurs le buste d’Hippocrate (460 -370 avant notre ère) dans leur logo.

 

On regardera ce trop court reportage de BFMTV mis en ligne sur http://isni.fr , le site de l’InterSyndicat National des Internes (fondé en 1969).


Ajoutée le 11 septembre 2014 par Isni

Transcription

Présentateur n°1 – Mais d’abord on s’arrête sur un film… du cinéma : Hippocrate, le film de Thomas Lilti, la médecinde de tous les jours vue par un interne qui débute.
Présentateur n°2 – Eh oui, difficulté du métier, erreur sur les patients, solitudes. Nous avons cherché à savoir si ce film correspond à la réalité. C’est un reportage de Margot de Frouville avec Guillaume Bernard.

Journaliste – Avec Hippocrate, Marie, 30 ans, Anna, 26 ans, et Emmanuel, 30 ans, se sont replongés dans leurs premiers pas d’internes, des débuts pas toujours faciles.

Myriam – ‘Vous inquiétez pas, c’est notre meilleur interne.
Benjamin – Attention, je vais piquer.

Anna – On a commencé tous… enfn par la même chose quoi, donc on est tous nul au début.

Emmanuel – On voit que la relation est aussi quelque chose qui s’apprend. Effectivement, pour ça, c’est vraiment très réaliste.

Journaliste – Le réalisme est aussi assuré grâce à l’ambiance et aux décors de la fiction.

Benjamin –Vous en avez pas une sans tache ?
Collègue – C’est pas des taches, ça. Ç’a été lavé, c’est des taches propres.

Marie – On reconnaît le phrasé des infirmières, le matériel qu’on utilise, c’est fou, hein, c’est vrai. On voit bien que ça a été tourné sur notre lieu de travail, donc c’est assez bluffant.

Journaliste – Similitude aussi dans les situations vécues, la solitude, les doutes, les erreurs aussi.

Dr Denormandy – C’est toi qui a vu monsieur Lemoine, hier soir ?
Benjamin – Euh… oui… Y a un problème ?
Dr Denormandy – Il est décédé.

Journaliste – Des faux pas selon eux beaucoup moins lourds de conséquence dans la réalité.

Anna – On en fait tous. Tous on donne pas le mauvais médicament, ou un truc… ou la mauvaise dose. Ça arrive à tout le monde. En ce qui me concerne ça a pas eu de conséquences horribles, en tout cas pas que je le sache mais ici on fait tous des erreurs bien sûr.

Journaliste – Quelques rares erreurs mais aucun excès de confiances chez ces passionnés. Tous les trois rêvent de poursuivre leur métier à l’hôpital.

[Fin du sujet, annonce d’un nouveau sujet]

 

***********

 

Certains enjeux dramatiques de ce récit ont déplu à ceux qui ont jugé que cela donnait une image plutôt mauvaise de l’hôpital et de son personnel. Sans « spoiler » le film, l’un des ressorts dramatique concerne la Loi dite Leonetti du 22 avril 2005 et notamment l’article 8.

 

Legifrance-le-service-public-de-l-acces-au-droit-Accueil

 

Article 8

Après l’article L. 1111-9 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1111-12 ainsi rédigé :

« Art. L. 1111-12. - Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause et hors d’état d’exprimer sa volonté, a désigné une personne de confiance en application de l’article L. 1111-6, l’avis de cette dernière, sauf urgence ou impossibilité, prévaut sur tout autre avis non médical, à l’exclusion des directives anticipées, dans les décisions d’investigation, d’intervention ou de traitement prises par le médecin. » 

 

La loi complète est lisible ici et .

 

Cette loi, adoptée le 22 avril 2005, porte le nom de Jean Léonetti (né en 1948) alors député.

 

photo_-_sur_le_terrain_3
Photo trouvée sur le site de Jean Leonetti.

 

Elle représente ce qu’il y a de plus avancé dans la loi française sur la question de l’euthanasie. Elle va moins loin que les lois en Suisse et dans les pays du Benelux. Cette loi tente de répondre à l’acharnement thérapeutique et au fait qu’en France, 30% des personnes meurent en souffrant, ainsi que Jean Léonetti le dit dans cet entretien de 2014 au sujet de l’affaire Vincent Lambert. Cet article du Monde présente le cas de cet homme victime d'un accident de la route et en état pauci-relationnel (cet article du journal La Croix explique ce que c'est).

 

***********

 

Lexique

CHU – Centre Hospitalier Universitaire – Il s’agit d’un hôpital lié à une université.

ECG – Electrocardiographie (Elektrokardiogram) – C’est une représentation graphique de l'activité électrique du cœur.

Ponction lombaire (Lumbalna punkcija) – La ponction lombaire (rachicentèse) est un examen médical consistant à recueillir le liquide céphalo-rachidien (LCR), ou liquide cérébro-spinal dans la cavité subarachnoïdienne par une ponction dans le dos, entre deux vertèbres.

Soins palliatifs (Palijativna skrb) – Soins dont l’objectif n’est pas de guérir mais de soulager la douleur du patient. Ce sont les soins dispensés en fin de vie.