Hier soir eut lieu la dernière séance de cinéclub. Ce fut une soirée belge avec comme long-métrage le très coloré, surréaliste et donc belge Panique au Village (Aubier & Patar, 2009) avec les voix de Benoît Poelvoorde et de Bouli Lanners. On peut en voir ici une bande annonce.

Il fut précédé du très cru, noir, émouvant, drôle et donc belge Le Signaleur (Mariage, 1997), un court-métrage avec entre autre Benoît Poelvoorde et Bouli Lanners, mais aussi Olivier Gourmet et Louis Koscielniak.

Ajoutée par MrSmatski le 11 janvier 2012

Transcription approximative (corrections bienvenues)

(1’)

La femme de ménage - Faut aérer ici.
Le signaleur -
Am Stram Gram Pic et Pic et Colégram Bour et Bour et Ratatam... (il choisit un sandwich)

Conversation dans la voiture (1’50)

L’organisateur de la course - Ben, tu vois, c’est ce que disait ma belle-sœur, elle finissait par avoir peur d’eux, parce qu’ils se touchent tout le temps. Elles les adorent mais ils se masturbent tout le temps. Regarde faire, regarde-le, regarde son nez, çui-là, regarde-le.
René -
C’est pas un nez qu’il a, c’est un zob.
L’organisateur -
Regarde, regarde, regarde...
René -
Tu crois que ça bande, un vieux ?
L’organisateur -
Oui, ça bande. Ça éjacule, ça éjacule... Mais si, mais si... Un pendu, par exemple, un pendu : ça bande, c’est terrible comme ça bande un pendu, on dit une gaule de pendu.
René -
Ouais, les pendus bandent.
L’organisateur -
Ouais... Toutes ces conneries de... du passage de la vie à la mort, tu sais tout le truc... le drame, le .. c’est c’est... Ben ouais hein... regarde, si tu cales ici, tu cales, tu serres très très fort ta carotide, hein,  et bien tu sens, à un moment tu sens, hein, tu sens que le sang n’irrigue plus ton cerveau, il y a quelque chose qui se passe, c’est prouvé scientifiquement, et à ce moment-là, si tu continue, moi j’arrête parce que..., mais si tu continues, tu secrètes une espèce de glande, et c’est une sensation de bien-être et ...
René -
Tu veux dire qu’on passe un bon moment ?
L’organisateur -
Mh. Probablement, oui. C’est ce qui te fait éjaculer.
René -
C’est pour ça que les pendus éjaculent.
L’organisateur -
C’est pour ça qu’on les pend habillés, hein. (il klaksonne) Oh ! Il va se coucher sur la voiture, lui. Il veut me piquer les phares ou quoi.
René -
Tu crois que c’est une bonne idée ?
L’organisateur -
Quoi ?
René -
Ben, de venir ici.
L’organisateur -
Mh. Ils n’ont rien à foutre de toute la journée. Si on n'en trouve pas un ici, on n’en trouvera un nulle part. Bon, allez, tiens ça. J’en ai pour cinq minutes. Tu gardes la bagnole parce que.

René attend dans la voiture (4’)

Un pensionnaire du home - Vous avez pas de chapeau de coureur ?
René -
Non
Le pensionnaire -
Vous n’avez pas de bidon de coureur ?
René -
Non.
Le pensionnaire -
Vous n’avez pas de bic ?
René -
Non, on n’a pas de bic.
L’organisateur -
(d’une fenêtre) René !
René -
Ouais !
L’organisateur -
C’est bon là, j’en ai trouvé un ! Ouais, j’arrive.

Les explications de l’organisateur (4’50)

L’organisateur - Je parlais à mon collègue. Je lui disais que vous étiez d’accord.
Le signaleur -
Ouais.
L’organisateur -
Ouais. Merci à vous. C’est chic de votre part. Ouais. C’est un peu soudain quand même. Parce que d’habitude, je ne travaille pas comme ça. Non j’ai assez avec les chômeurs et les bénévoles, mais là ils m’ont collé un nouveau tronçon sur la route de Branchon. Ouais, ça me fait douze carrefours, douze carrefours, trois de plus que l’an dernier, moi je veux bien ce que vous voulez, mais à un jour de la course, hun, faut pas exagérer non plus, faut trouver une solution, c’est ça que j’ai eu l’idée (sic), c’est ça que j’ai eu l’idée de... de venir au home de vieux, je me suis dit, enfin, la résidence pour les vieux jours, quoi, comme vous travaillez pas la journée... enfin c’est bien ici hein, vous êtes bien logés...
Le signaleur -
Hm
L’organisateur -
Fait bien chaud, un bon lit, c’est important une bonne literie, on dort bien la nuit, hein... Bon, ça, c’est ton brassard euh on se dit "tu" ? Ouais bon, ça s’est ton brassard, ça, c’est ta pancarte, d’accord ? et au carrefour, d’accord ? quand tu vois arriver la voiture ouvreuse, c’est-à-dire la voiture qui ouvre la course, tu tends tes bras comme ça, et tu laisses passer personne, absolument, voilà, comme ça, et tu laisses passer personne, t’attends que la course soit passée, et pendant ... d’accord ? Ouais... Ça va hein. (il ouvre la fenêtre) René ! Fous la cassette ! Fous la cassette deux secondes ! Viens voir. (la musique apparaît) Mets plus fort ! (le volume augmente) T’entends ? Regarde ! Eh ouais ! (le regarde) là là là là là là là. Bon faut pas la louper, hein, c’est ça la voiture ouvreuse. Voilà, dès que tu la vois arriver de loin, paf, tends les bras, d’accord ?

Préparations (7’)

Briefing (9’25)

L’organisateur - S’il vous plaît, un peu d’attention. D’après l’horaire le plus rapide, la course devrait traverser l’entité vers 11h30. Il est possible qu’elle ait un peu de retard, puisque, le vent étant de face, les coureurs sont quelque peu ralentis. Avant la distribution des carrefours je voudrais quand même vous dire quelque chose. On attend le passage de la voiture balai avant de quitter le carrefour, hein. D’accord ? L’an dernier, j’en ai vu qui partaient beaucoup trop tôt, bon. Jacques, pas d’alcool sur la course, d’accord ? Y aura des distributions de tickets boisson à la fin de la compétition. Mon collègue va procéder à la distribution des carrefours.
René -
Bon. Pas de questions ? Alors on distribue. Marcel Toussaint : carrefour de Burdinne. Pierre Boreux, rue des Burdinne, Philippe Berger, carrefour des Bas-Prés...

Dans l’estafette (10’40)

L’organisateur - Comme un oiseau qui chanterait, comme un oiseau qui chanterait... Carrefour des Bas-Pré, Jean ! Correct, hein, Jean. (Jean sort) Il est déjà crevé saoul, lui.
René - Pourquoi, il en peut plus ? Hein ? J’savais pas ça, n’empêche...

L’arrivée sur les lieux (11’20)

L’arrivée d’une voiture (12’20)

Le marié - T’as les alliances ?
Le témoin -
Ouais ouais.
Le marié -
Putain, c’est pas vrai, je rêve, là.
Le témoin -
Ouais... (marmonne un discours) "...prions le seigneur..." C’est le curé ou c’est moi qui dit ça ? "...prions le seigneur..." Hein ? Oh hè (sifflement) ’m’en fous, hein. C’est pas mon mariage.
Le marié -
Putain ! merdeuh !

la course finit (14’50)

L’organisateur - René, t’es sourd muet, tu rentres dans un magasin, et tu veux absolument acheter une paire de ciseaux, mais t’es sourd muet, comment est-ce que tu fais pour demander ta paire de ciseaux ? Réfléchis ! Une paire de ciseaux !
René - (fait un signe avec les doigts)
L’organisateur - Ouais exact. Maintenant t’es devenu aveugle, tu retournes dans le magasin et tu veux absolument acheter un chien. Comment est-ce que tu fais pour demander ton chien ?
René -
Un chien ?
L’organisateur -
Ouais.
René -
Ouaf ouaf.
L’organisateur -
Comment ?
René -
Ouaf ouaf !
L’organisateur -
(éclate de rire) Mais non René, sssisi t’es aveugle, tu sais parler, tu dis "donne moi un chien". "Ouaf ouaf", (se marre) encore une attrape, hein..., hein ? Qu’est-ce qu’il y a ? Eh ! C’est pour rire, tout le monde se fait avoir, hein. Qu’est-ce qu’il y a ? Tu boudes ? Ohé René... T’es fâché ? Qu’est-ce qu’il y a ? T’es vexé ?

le film finit (15’50)

Le signaleur - Faut t’en aller de là. Les coureurs vont arriver. Hein ? Sois gentil. Fous le camp. C’est ça. Bouge-toi un petit peu. Allez, encore un petit effort, t’es dans la bonne direction... Allez... Voilà, continue... Il est parti.