Un sondage d'IPSOS a récemment fait pas mal de bruit sur les rapports de 70% des Français avec les étrangers comme on peut le lire dans cet article du Monde.

Pour notre part, nous avons plaisir à écouter Toma Feterman, leader de La Caravane Passe (en activité depuis 2001), répondre à quelques questions sur la musique dans cet entretien réalisé pour la NHK (télévision japonaise).

 

la caravane passe
(Image piquée sur le site du groupe)

Nous faisons l'impasse sur les commentaires en japonais mais nous aimerions bien savoir comment le groupe a été présenté au Japon.

La vidéo de l'interview
publiée le 22 janvier 2013 par Durhond
est visible
ICI.

Transcription (agrémentée de vidéos des chansons entendues dans le reportage)

Balkanski Bal (2006)

Ajoutée le 10 septembre 2010 par ionea89

Toma Feterman - Quand j’ai commencé à faire de la musique vers l’âge de 12 ans, 12-13 ans, j’ai appris seul la musique. Avec mon frère on a récupéré une basse électrique, une guitare, on essayé de jouer du rock, du punk, ce genre de musique, et moi tout de suite, j’ai composé, en fait…

Et je me suis rendu compte, en fait, au fur et à mesure des années, qu’il y avait toujours des mélodies un petit peu nomades, comme ça, qui se baladaient, un peu gypsy, un peu klezmer, qui se baladaient dans ce que je composais.

Ma famille vient de Pologne et de Roumanie, et donc j’avais envie de mixer cette musique que j’entendais le dimanche aux repas de famille avec un petit peu tout ce qui me passait par la tête, de voyager entre les musiques rock, hip hop, reggae…

Voilà, en fait, c’est ça, c’est-à-dire que vraiment… en fait Llugs, lui, quand il était enfant, il jouait de ce gros instrument qu’il joue dans le groupe, qui s’appelle un fiscorn et qui est un instrument traditionnel de Catalogne. Quand il est entré dans le groupe, il y est entré en tant que tromboniste, et il m’a montré cet instrument en disant « tiens, je pourrais jouer ça dedans » et je dis « c’est incroyable parce que c’est vraiment le même système que ce que jouent les fanfares en Serbie ». Et vraiment on a essayé de faire le lien entre ces deux cultures-là dans la rythmique des cuivres,

Makilla (2007)

Ajoutée le 2 juillet 2011 par rageone70

Toma Feterman - Alors, en fait, voilà, c’est-à-dire que… on a parlé des racines. Les racines c’est une chose, mais personnellement, je n’ai jamais souhaité m’y enfermer. J’ai jamais été addict à un genre ou à un autre genre de musique. Pour moi, la musique est un ensemble dans laquelle on trouve de tout et donc, dans la musique que j’écris, moi, et que je fais, moi, et dans ce que je compose, je me limite jamais à un genre. J’ai une idée d’une ambiance musicale, d’une histoire que j’ai envie de raconter par-dessus, et j’utilise la musique la plus adéquate, peu importe le genre.

Question - Est-ce que le fait de vivre à Paris où justement la diversité, elle est à tous les niveaux, ça influence… ?

Toma Feterman - Absolument. Moi j’ai grandi dans… j’ai toujours vécu dans un quartier très multiculturel avec beaucoup de gens d’Afrique du Nord, d’Afrique du Sud… Dans la classe, quand j’étais à l’école, on était deux ou trois blancs. Y avait des blacks, des rebeus, des asiatiques, des yougos, ouais enfin bon, tout le monde était mélangé, toutes ces cultures-là, donc c’est sûr que Paris, en tout cas certains quartiers de Paris, permettent ce multi-culturalisme.

Perdu ta langue (2010) feat. Rachid Taha

Ajoutée le 23 août 2010 par popo59000

Toma Feterman - C’était exactement la même démarche que dans la musique de se dire que ça pourrait être exactement la même chose avec les peuples, avec les langues, que dans, finalement, les quartiers multiculturels. L’argot du français se mélange avec les langues originelles, originales de chacun il y a un peu de vocabulaire de chacun qui vient, une espèce de créole multi-culturel.

Pour bien apprendre le français, ne commencez pas par travailler les chansons de La caravane passe, qui sont françaises mais autre chose aussi. Donc voilà, pour bien apprendre le français, commencez par Jacques Prévert. C’est très bien, Jacques Prévert. J’adore.