Une rengaine, c’est une chanson qu’on a beaucoup entendue malgré soi. Le film On connaît la chanson en est rempli de courts extraits. Il y en a de toutes les époques. Parfois, seules certaines générations s'en souviennent. A priori, aucun français ne connaissait toutes ces chansons en découvrant le film. Les auteurs du film sont de générations différentes (Resnais né en 1922, Bacri en 1951 et Jaoui en 1964). Chacun est venu avec des références que les autres ne connaissaient pas forcément. Cet hiver, nous allons visiter les trente-six chansons (dont une bonne moitié figure dans les karaokés).

Pour consoler quelqu’un, il y a plusieurs façons de procéder.

Il y a l’invective, comme le Résiste de France Gall.

Et puis il y a celui qui essaie de te montrer qu’il y a du beau, des choses qui peuvent t’émerveiller malgré tout.


Ajoutée le 12 octobre 2008 par tefan34

(Pierre Perret)

T’en fais, pas mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
T’oublieras, mon p’tit loup,
Ne pleure pas.

Je t’amènerai sécher tes larmes
Au vent des quatre points cardinaux,
Respirer la violette à Parme
Et les épices à Colombo.
On verra le fleuve Amazone
Et la vallée des Orchidées
Et les enfants qui se savonnent
Le ventre avec des fleurs coupées.

{Refrain}

Allons voir la terre d’Abraham.
C’est encore plus beau qu’on le dit.
Y a des Van Gogh à Amsterdam
Qui ressemblent à des incendies.
On goûtera les harengs crus
Et on boira du vin d’Moselle (57).
J’te raconterai l’succès que j’ai eu
Un jour en jouant Sganarelle.

{Refrain}

Je t’amènerai voir Liverpool
Et ses guirlandes de Haddock
Et des pays où y a des poules
Qui chantent aussi haut que les coqs.
Tous les livres les plus beaux,
De Colette et d’Marcel Aymé,
Ceux de Rabelais ou d’Léautaud,
Je suis sûr qu’tu vas les aimer.

{Refrain}

J’t’apprendrai, à la Jamaïque
La pêche de nuit au lamparo
Et j’t’emmènerai faire un pique-nique
En haut du Kilimandjaro
Et tu grimperas sur mon dos
Pour voir le plafond d’la Sixtine.
On s’ra fasciné au Prado
Par les Goya ou les Menine.

{Refrain}

Connais-tu, en quadriphonie,
Le dernier tube de Mahler
Et les planteurs de Virginie
Qui ne savent pas qu’y a un hiver.
On en a des choses à voir
Jusqu’à la Louisiane en fête
Où y a des types qui ont tous les soirs
Du désespoir plein la trompette.

T’en fais pas, mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
Oublie-les, les p’tits cons
Qui t’ont fait ça.
T’en fais pas, mon p’tit loup,
C’est la vie, ne pleure pas.
J’t’en supplie, mon p’tit loup,
Ne pleure pas.


S'il fallait une preuve de l'objectivité du rédacteur de cette note, ce serait la diffusion de cette version :


Ajoutée le 19 novembre 2010 par GALAUTHO