L’an dernier, nous entamâmes une série de chansons (encore !) pour célébrer l’arrivée du printemps. Pour revoir celles que nous avons diffusées avec Alan, il suffit de se reporter au tag "printemps".

L’évocation de Pierre Perret (né en 1934) dans un genre assez mélancolique (avec Mon p'tit loup) nous invite à partager un autre aspect important de son œuvre, aspect tout autant à l’origine de sa popularité : il a beaucoup écrit et interprété de chansons paillardes, salaces, grivoises, gauloises..., c’est-à-dire des chansons requérant un "parental advisory" en raison de leurs "explicit lyrics". Il n'est pas le seul à s'être illustrer dans ce genre dont les meilleures des chansons sont souvent les plus imagées, aussi juteuses et pulpeuses que les meilleures oranges, celles que l'on aime palper avant de les ... enfin bref.

Ce sont donc des chansons riches qui méritent d’être analysées ne serait-ce que d’un point de vue culturel.

fluide glacial gotlib le printemps3
Cette illustration du grand Marcel Gotlib (né en 1934) date de 1985
Elle est assez proche de l'esprit de la chanson de Pierre Perret
Pour en saisir les détails (notamment les dialogues) on aura intérêt à cliquer sur l'image
publiée en bonne définition sur le site Ma Collec' Fluide Glacial

En effet, cette chanson célébrant l’arrivée du moment où monte la sève des arbres est truffée de :

  • noms d’animaux (ici en gras),
  • mots et expressions argotiques (ici en italique et, comme d’habitude, avec un lien vers une explication),
  • références aux contes et fables en général (ici mis en lien avec un texte de référence ou avec un synopsis) et à Jean de La Fontaine (1621-1695) et Charles Perrault (1628-1703) en particulier,
  • mots, expressions et métaphores synonymes de … (que les plus curieux chercheront d'eux-mêmes).

Cette lecture hypertextuelle devrait permettre d’étoffer culture générale et lexicale !

 


Ajoutée le 26 septembre 2011 par PSA001

(Pierre Perret)

C'est l'printemps
Tout le monde baise à perdre haleine
Les reins des chattes et des hyènes
Vont endurer du mauvais temps

C'est l'printemps
Deux clébards marchent sur six pattes
Les macchabées soulèvent les boites
Les taureaux montent sur leur maman

C'est l'printemps
Le lièvre dit à la tortue
Je t'en supplie dégage la rue
Pour moi c'est fini depuis longtemps

C'est l'printemps
La chèvre de M'sieur Seguin demande
Au loup qui a la lippe friande
S'il veut pas la sauter avant

C'est l'printemps
Le chaperon rouge en moins d'un quart d'heure
Découvre les vertus du beurre
Dont elle usait tout autrement

C'est l'printemps
Le renard dit au corbeau : "t'es bête
Si seulement t'enlève ta jaquette
Je te laisse ton calendos coulant"

C'est l'printemps
Pinocchio qui voit que sa bébête
S'allonge autant que son pifomètre
Renverse les chaises en pleurant

C'est l'printemps
L'ogre qui a passé l'hiver sage
Qui a un faible pour les pucelages
Réveille le prince charmant

C'est l'printemps
Y a la tour Eiffel qui s'emballe
Qui se penche sur le trou des Halles
Pour lui faire un jardin d'enfants

C'est l'printemps
Deux escargots sur l'herbe tendre
Qui copulaient depuis septembre
Viennent de prendre leur pied brutalement

C'est l'printemps
La jeune veuve avant qu'elle se fâne
Se fait le meunier son fils et l'âne
Et le laboureur et ses enfants

C'est l'printemps
Blanche-Neige est fatiguée pauvrette
De recoudre les boutons de braguette
Des nains qui bandent comme des pur-sang

C'est l'printemps
Le p'tit poucet sème la pilule
Inutilement car ça pulule
De gros bûcherons tout frémissants

C'est l'printemps
Cendrillon rêve d'avoir un jules
Qui puisse comme cette foutue pendule
Tirer ses douze coups en suivant

C'est l'printemps
Je vous quitte là mes biens chers frères
Ma femme m'a dit "je vais me faire la paire"
Je sais pas laquelle exactement

C'est l'printemps