Version yougo est une petite série de playlists liées à des répertoires d'artistes francophones en Yougoslavie. Elle pourrait permettre de révéler des liens culturels et de mesurer l'évolution des pratiques artistiques et commerciales en Europe, concernant pour l'essentiel la musique de variété des années 50, 60 et 70.

Cette série fait écho à celle consacrée à des poèmes francophones adaptés par des artistes de l'espace yougoslave.

Chaque note de cette série est associée à une playlist sur youtube (voir plus bas).

  • La note avec les chansons dans l'ordre d'apparition dans le répertoire de l'artiste ;
  • La playlist avec les chansons dans l'ordre de sortie sur le territoire yougoslave.

 

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Poursuivons avec quatre chansons du répertoire de Georges Moustaki (1934-2013).

 

R-960742-1178566724

 

Les quatre chansons présentées sont les suivantes :

  • Milord
  • Le Métèque
  • Il est trop tard
  • Κάπου υπάρχει η αγάπη μου – Kapou Iparhi Agapi Mou

 

Il y en a peu. Il y a la chanson qui lui a ouvert les portes du show-business, même s'il ne l'a jamais interprétée. Il y a deux succès populaires. Et enfin, il y a une chanson grecque, qui m'a permis de constater à quel point le répertoire de la variété grecque a été repris en Yougoslavie. En revanche, très peu de musiques brésiliennes ont été adaptées dans la région, et en tout cas aucune du répertoire de Georges Moustaki qui en fut un éminent ambassadeur.

 

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Cette playlist

contient des reprises par :

 

  • Đorđe Marjanović (né en 1931)
  • Marjana Deržaj (1936-2005)
  • Dragan Stojnić (1937-2007) avec deux chansons
  • Zoran Predin (né en 1958)
  • Arsen Dedić (1938-2015)

 

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Milord, 1959

 

1959 R-927670-1320139459

(Georges Moustaki – Marguerite Monnot)

Georges Moustak & Edit Piaf à Deauville
Photo trouvée ici.

Cette chanson rendue célébrissime par Edith Piaf...

1961 R-1352378-1212063506

... a été interprétée par Đorđe Marjanović, qui l'a adaptée en 1961.

Nous en avions mentionnée une autre version ici.

 

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Il est trop tard, 1969

 

1969 R-4530505-1367513649-9796

(Georges Moustaki)

8b R-2262315-1273052017

Par Dragan Stojnić dans une adaptation de Bogdan Stojadinović en 1983 (dans un album qui contient une chanson d'Aznavour).

 

 

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Le Métèque, 1969

 

1969 R-710514-1166819000

(Georges Moustaki)

Outre l'adaptation de Bogdan Stojadinović sur l'album de Dragan Stojnić mentionné précédemment, on peut écouter...

2001 R-680697-1352293000-5931

... Zoran Predin qui en livre une version jazzy en français en 2001 et...

R-4237986-1359378448-3085

... Arsen Dedić qui l'a lui-même adaptée dans un album de 2002 (déjà rencontré à cette occasion).

 

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Κάπου υπάρχει η αγάπη μου, 1974
Kapou Iparhi Agapi Mou (Quelque part mon amour)

 

 

1974 R-1997514-1350060618-3907

(Manos Hadjidakis)

Cette chanson grecque a été publiée en 1959 entre autre sur l'un des premiers disques de Nana Mouskouri.

1967 R-2754206-1299524081

On doit à Marjana Deržaj la seule interprétation dans la région (en slovène en 1967) de cette chanson de Manos Hadjidakis (1925-1994), auteur qui a par ailleurs été enregistré dans la région une trentaine de fois (dont "seulement" un quart pour les Enfants du Pirée).

 

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On lira avec profit cet article paru en 2015 de Pierre Sintès. Intitulé Georges Moustaki, « La Marseillaise » et l’air du Pirée, dont nous reproduisons ci-dessous le résumé :

 

Au cours de sa longue carrière, Georges Moustaki était réputé pour être grec, sans pour autant que cette affirmation ne soit vraiment questionnée. Pourtant, les contours de cette grécité supposée ne sont pas toujours évidents à identifier. Pour mesurer la réalité des relations entre Georges Moustaki et la Grèce, ce texte propose d’examiner la trajectoire familiale de l’artiste autant que son parcours de citoyen et d’artiste, mais aussi le contexte social et idéologique dans lequel sa carrière s’est réalisée et qui peut sembler être déterminant à plus d’un titre dans les différents discours d’identification qui l’ont entouré. Pour cela, le propos se fonde sur un corpus de chansons et d’interviews données par le chanteur ainsi que sur les quelques ouvrages consacrés à sa vie. Dans cet ensemble de sources, la Grèce apparaît souvent sous un jour paradoxal : tout à la fois terre des racines revendiquées, parfois explicitement, et lieu d’origines rêvées, imaginées, fantasmées, ou encore mobilisées en fonction de différents contextes de l’entretien à proprement parler et des périodes de la vie de l’artiste.

 

 [autres sources : discogs]